Abidjan, 05 oct 2026 (AIP)- Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a appelé, lundi 5 octobre 2026 à Abidjan, à accélérer la modernisation de la gouvernance foncière en misant sur la sécurité juridique, la transparence et la digitalisation, afin de faire de la sécurisation foncière un facteur de cohésion sociale et un levier pour l’investissement productif, la création d’emplois et le développement durable.
Présidant l’ouverture de la première édition des Journées foncières d’Abidjan, placée sous le thème, « La sécurisation foncière : un facteur de cohésion sociale et un levier pour l’investissement productif, la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, ainsi que le développement durable », M. Ouattara a relevé que la question foncière est au cœur des enjeux politiques, économiques et sociaux des États africains.
Il a estimé que la terre est « bien plus qu’un simple bien économique », la présentant comme l’un des fondements essentiels du développement, de la paix et de la cohésion sociale. Il a souligné que l’enjeu foncier est avant tout humain, la sécurisation de la terre devant contribuer à prévenir les conflits, à protéger les communautés et à offrir davantage de sérénité aux agriculteurs, aux familles et aux investisseurs.
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a rappelé que le foncier rural ivoirien représente environ 23 millions d’hectares à sécuriser, 8 631 villages à délimiter, près de 1,5 million de certificats fonciers à délivrer et autant de contrats agraires à formaliser.
Créée pour conduire les opérations de sécurisation du foncier rural, l’Agence foncière rurale (AFOR) a enregistré des avancées significatives, avec 5 786 villages délimités et bornés, dont 2 316 consacrés par arrêté ministériel, 68 026 certificats fonciers délivrés et 86 447 contrats agraires signés à ce jour, contre seulement 284 villages délimités et bornés, environ 4 000 certificats fonciers délivrés et aucun contrat agraire signé en 2017.
Le ministre a estimé que ces résultats ne se résument pas à des chiffres, soulignant que la sécurisation foncière contribue à réduire les contentieux, à renforcer la sérénité dans les communautés et à instaurer davantage de confiance chez les investisseurs.
Il a relevé qu’une évaluation indépendante conduite en 2025 fait état d’un recul d’environ 30 % des conflits fonciers grâce aux actions engagées par l’État dans ce domaine.

Durant trois jours, plus de 2 000 participants, notamment des professionnels du foncier, des représentants de la société civile, des partenaires au développement, des universitaires, des organisations professionnelles agricoles et des acteurs du secteur privé, échangeront sur les voies et moyens de construire une Afrique plus pacifique et plus prospère, à travers un accès équitable et juste à la terre et une utilisation plus efficace et durable de cette ressource.
La journée du mardi 6 octobre 2026 sera consacrée au Sénégal, pays à l’honneur de cette première édition, qui partagera son expérience en matière d’administration foncière, de cadastre, d’inclusion sociale et de prise en compte du genre dans les politiques foncières. Les travaux réunissent des délégations de 14 pays : le Bénin, le Brésil, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, l’Indonésie, Madagascar, le Mali, le Rwanda, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
(AIP)
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