Bocanda, 03 nov 2024 (AIP) – Les leaders communautaires de Bocanda (Centre-Est, région du N’Zi) ont été sensibilisés sur les bienfaits de l’allaitement maternel exclusif par une équipe du Programme national de nutrition (PNN), lors d’une séance d’information et de sensibilisation organisée, jeudi 31 octobre 2024, dans la salle des réunions de la préfecture avec comme module « La pratique optimale de l’allaitement et la sensibilisation communautaire’’.
Sage-femme de formation chargée de nutrition, Yapo Clémence, a fait savoir que l’allaitement maternel exclusif présente de nombreux avantages pour l’enfant et pour la mère ainsi que pour la famille et pour la société entière.
Mme Yapo a expliqué que le lait maternel constitue une alimentation idéale pour l’enfant. C’est un aliment complet qui couvre tous les besoins nutritionnels du bébé de zéro à six mois, un aliment idéal pour la croissance saine et le développement physique et psychologique du nourrisson.
« L’allaitement maternel exclusif pratiqué au cours des six premiers mois permet de réduire considérablement de 12 à 15% le taux de mortalité infantile dans les pays en développement car il réduit les risques d’allergie, les pathologies cardiovasculaires, le diabète et autres maladies », a-t-elle rassuré.
La sage-femme a, par ailleurs, affirmé qu’il est démontré que les enfants qui ont été allaités plus longtemps que la moyenne développent une intelligence qui leur permet d’obtenir des résultats scolaires notables.
Elle a déclaré que la mise au sein précoce du bébé favorise l’expulsion du placenta, développe les liens affectifs entre le bébé et la mère, protège celle-ci des saignements, des risques du cancer du sein et des ovaires, et de l’engorgement des seins.
La bonne santé des mères et des enfants grâce à l’allaitement maternel constitue un gain pour les familles qui auront moins de charges et de dépenses, permettant ainsi aux membres de faire des économies et de vivre sans stress.
Pour la communauté, l’allaitement maternel exclusif permet d’avoir des enfants en bonne santé, réduisant donc le taux de fréquentation des hôpitaux et les coûts des traitements des bébés malades, ce qui augmente le capital économique du pays.
« Malgré les bienfaits de l’allaitement maternel, certaines femmes préfèrent acheter du lait artificiel pour nourrir leurs bébés », a déploré la spécialiste en nutrition avant d’exhorter les établissements sanitaires, en l’occurrence les maternités, ainsi que les matrones à promouvoir la mise au sein précoce et l’allaitement exclusif dès la naissance, dans l’intérêt de tous.
Elle a également invité les leaders communautaires à sensibiliser les populations, particulièrement les femmes dans leur entourage et dans les villages et hameaux les plus reculés afin que l’allaitement maternel exclusif soit un réflexe pour toutes.
Face à une forte régression du taux et de la durée de l’allaitement maternel constatée en Côte d’Ivoire, la secrétaire générale de la préfecture de Bocanda, Wincédi Zéréhoué épouse Séri Bi, a demandé à tous de changer de mentalité et d’adhérer entièrement à cette sensibilisation afin que tous les nourrissons aient accès au lait maternel pendant les six premiers mois de la naissance comme le recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette campagne de sensibilisation, initiée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, en collaboration avec l’unité de coordination des projets santé, nutrition, développement de la petite enfance et la Banque mondiale, se déroule dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Elle vise un taux de 72% d’allaitement maternel exclusif d’ici 2025, contre 34 % en 2021.
(AIP)
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