Abidjan, 08 juil 2026 (AIP) – L’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) de Cocody a enregistré, mercredi 8 juillet 2026, une nouvelle docteure après la soutenance publique de la thèse d’Affroumou Marie Ange Hervée, consacrée aux « Violences basées sur le genre et formes de résistance féminine : cas des Afro-descendantes en République dominicaine », un travail salué par le jury pour sa pertinence scientifique et récompensé par la mention Très honorable.
Présentée au Décanat de l’UFHB sous la direction du professeur titulaire Yao Jean-Arsène, spécialiste des civilisations hispano-américaines, cette recherche s’est attachée à analyser les causes, les manifestations et les conséquences des violences fondées sur le genre subies par les femmes afro-descendants en République dominicaine, ainsi que les stratégies de résistance qu’elles développent face à ces violences.
Devant un jury présidé par la professeure titulaire Lezou Koffi Aimée Danielle, spécialiste de l’analyse du discours, l’impétrante a expliqué que son étude s’inscrit dans le contexte des héritages de l’esclavage, du racisme, du patriarcat et des profondes inégalités sociales qui continuent de marquer la société dominicaine.
S’appuyant sur la Déclaration des Nations unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, elle a rappelé que les violences basées sur le genre englobent les atteintes physiques, sexuelles, psychologiques, les menaces, les contraintes ou encore les privations arbitraires de liberté.
Selon ses travaux, plusieurs facteurs alimentent ces violences, notamment le racisme, les politiques migratoires, la discrimination, la pauvreté, l’analphabétisme, la précarité économique, les mariages précoces, ainsi que la faible représentation politique des afro-descendantes.
L’étude montre également que ces violences ont des répercussions psychologiques, physiques, sociales et économiques non seulement sur les victimes, mais aussi sur l’ensemble de la société dominicaine.
Parmi les principales formes de résistance identifiées figurent la mobilisation des organisations de la société civile, l’appui des institutions publiques chargées de la protection des femmes ainsi que les initiatives visant à promouvoir l’identité culturelle des afro-descendantes.
La doctorante recommande notamment un meilleur dispositif de collecte de données sur les violences faites aux femmes, un renforcement de la participation politique des femmes afro-descendantes et une valorisation de leur patrimoine culturel afin de consolider leur dignité, leur autonomie et leur reconnaissance sociale.
Présente à la soutenance, la directrice coordonnatrice du Programme national de lutte contre les violences basées sur le genre au ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, docteure Georgette Zamblé, a indiqué que cette recherche constitue une source d’inspiration pour le contexte ivoirien.
Elle a relevé que plusieurs formes de violences observées en République dominicaine existent également en Côte d’Ivoire, soulignant que les résultats de cette étude ouvrent des pistes de réflexion sur les récits sociaux qui contribuent à légitimer les violences basées sur le genre. Elle a également plaidé pour un renforcement de la collaboration entre les organisations de la société civile, les chercheurs et les pouvoirs publics afin de développer des stratégies innovantes de prévention et de lutte contre ces violences.
Au cours des échanges, les membres du jury ont formulé plusieurs observations destinées à enrichir le travail de recherche. La présidente du jury, Prof Lezou Koffi Aimée Danielle, a qualifié le sujet de « courageux », « pertinent » et « scientifiquement intéressant », estimant que cette étude constitue une contribution appréciable au champ des civilisations hispano-américaines et aux recherches sur le féminisme et les questions de genre.
À l’issue des délibérations, le jury, composé également du professeur Konin Sévérin, des docteurs N’Guessan Koffi Eugène et Assémien Viviane épouse Adiko, ainsi que du directeur de thèse, Prof Yao Jean-Arsène, a déclaré Affroumou Marie Ange Hervée admise au grade de docteur avec la mention Très honorable, avant le port solennel de la toge.
(AIP)
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