Man, 28 sept 2026 (AIP)-Près de 86 % des ménages bénéficiaires du projet de promotion du four amélioré TIKA dans le Tonkpi ont adopté et manifesté leur satisfecit de cette technologie destinée à réduire la charge des travaux domestiques des femmes rurales, selon les résultats à mi-parcours présentés, vendredi 25 septembre 2026 à la salle des réunions du conseil régional du Tonkpi à Man.
Cette adhésion intervient après deux années de mise en œuvre du projet conduit par le Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CIRES) dans 10 villages du Tonkpi, où 510 femmes ont reçu des fours améliorés à l’issue d’une enquête menée auprès de 735 ménages.
Les données présentées lors de l’atelier de restitution montrent également que l’utilisation du four TIKA permet aux femmes de consacrer moins de temps à la cuisson et à la collecte du bois de chauffe, deux activités qui occupent une place importante dans leur quotidien.

Selon le CIRES, les utilisatrices gagnent en moyenne trois heures cinquante-quatre minutes par semaine sur les tâches de cuisson et environ une heure dix-neuf minutes sur la collecte du bois. Ce temps peut être réinvesti dans d’autres activités au sein du ménage ou dans des initiatives génératrices de revenus.
Le projet est né du constat que les femmes rurales assument l’essentiel des travaux de soins non rémunérés, notamment la préparation des repas. Dans les zones rurales, la majorité des ménages dépendent encore du bois de chauffe, dont la collecte mobilise du temps et expose les utilisatrices à la fumée des foyers traditionnels.
« Le foyer TIKA permet de réduire la consommation du bois, réduit la production de fumée et permet une cuisson rapide », a expliqué l’attaché de recherche au CIRES, Dr Traoré Masséna, lors de la présentation des résultats.
Dans le village de Douélé, Doua Félicia fait partie des bénéficiaires convaincues. Elle affirme que le four facilite la préparation des repas tout en limitant la fumée dans les habitations. « Ça te donne le temps de t’occuper de tes enfants, ton ménage », a-t-elle témoigné.
Pour le directeur du CIRES et coordonnateur du projet, Dr Diarra Ibrahim, ces résultats illustrent l’intérêt de mettre les travaux de recherche au service des politiques publiques destinées à améliorer les conditions de vie des populations, en particulier celles des femmes rurales.
Financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, le projet est mis en œuvre dans les régions du Tonkpi, du Tchologo, du N’zi et du Lôh-Djiboua pour une durée de 36 mois, de mars 2024 à février 2027. À ce stade, 2.102 fours améliorés ont été distribués à 2.202 femmes rurales dans les quatre zones d’intervention.
L’atelier de Man a pris fin par la remise de deux fours améliorés à des participantes, dans le prolongement des actions engagées pour élargir l’accès à cette technologie dans les communautés rurales.
(AIP)
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