Abidjan, 10 oct 2026 (AIP) – L’École d’architecture d’Abidjan (EAA) entend renforcer la qualité de sa formation en plaçant la valorisation du patrimoine culturel, la pratique de l’anglais et l’ouverture internationale au cœur de ses priorités académiques, à l’occasion de sa rentrée solennelle annuelle organisée samedi 10 octobre 2026 à Cocody, autour du thème « D’Attécoubé à Bingerville : comment se loger dignement à Abidjan qui accueillera 10 millions d’habitants en 2030 ».
Cette rentrée, inscrite dans le cadre du thème international annuel « Le logement est un droit humain : Construisez-le », a réuni des autorités administratives, des représentants de ministres, des acteurs de la construction, de l’urbanisme et de l’architecture, ainsi que des parents d’élèves et des étudiants.
Prenant la parole, le président de l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire (OACI) et président du conseil d’administration de l’EAA, Amon Joseph, a insisté sur la nécessité d’intégrer les valeurs culturelles ivoiriennes dans la formation des futurs architectes.
« Une école se singularise par sa particularité, par sa force, et une nation se distingue par ses valeurs culturelles », a-t-il souligné, estimant que leur prise en compte dans les méthodes de réflexion, d’action et de conception contribuerait à produire des œuvres architecturales valorisant l’identité nationale.
Il a également plaidé pour une place accrue de l’anglais dans le cursus de formation, en raison de son importance dans les échanges et les partenariats internationaux. Selon lui, la maîtrise de cette langue constitue un levier essentiel pour permettre aux étudiants de poursuivre leur parcours et d’exercer leur métier au-delà des frontières ivoiriennes.
S’adressant aux étudiants, le président du conseil d’administration les a exhortés à faire preuve de persévérance, d’assiduité et d’engagement personnel face aux exigences de la formation architecturale. « On ne rattrape pas l’atelier, on le réussit et on passe », a-t-il lancé, pour rappeler l’importance du travail régulier et de l’investissement personnel dans la réussite académique.
Il a, par ailleurs, salué l’engagement du corps enseignant dans la transmission et l’évaluation des connaissances, tout en invitant le personnel administratif à poursuivre ses efforts au service des étudiants et de leurs parents.

Le directeur général de l’EAA, Paul Aké Blanchard, a annoncé deux innovations pédagogiques et institutionnelles destinées à enrichir le parcours des apprenants : l’instauration du « Vendredi artistique et culturel » et la consécration du vendredi à la pratique de l’anglais dans l’établissement.
La première initiative vise à faire de chaque vendredi une journée de valorisation de l’expression artistique, de la diversité culturelle et de l’identité vestimentaire des étudiants. Ceux-ci seront notamment invités à porter des tenues inspirées des traditions et cultures africaines, dans le respect du cadre académique.
Pour le directeur général, cette initiative ne saurait être réduite à une simple animation vestimentaire. Elle doit contribuer au développement de la créativité, à la valorisation du patrimoine culturel, au renforcement de la cohésion institutionnelle et à l’affirmation de l’identité de l’école.
La seconde innovation consiste à instaurer une pratique régulière de l’anglais, impliquant aussi bien le personnel administratif que les étudiants, avec l’ambition de faire de l’EAA un établissement bilingue.
« Cette école se veut à partir d’aujourd’hui une école bilingue », a affirmé Paul Aké Blanchard, précisant que cette orientation doit permettre aux apprenants de renforcer leurs capacités linguistiques, d’améliorer leur aisance à l’oral et de mieux présenter et défendre leurs projets architecturaux.
Cette politique répond également à un objectif d’ouverture internationale. Le directeur général a rappelé qu’une opportunité de bourse proposée antérieurement par l’université italienne Sapienza, dans le cadre du programme Erasmus, n’avait pu aboutir à des candidatures faute d’étudiants disposant du niveau linguistique requis en anglais ou en italien.
Il a également fait état d’une mission effectuée au Canada, du 14 au 24 septembre 2026, au cours de laquelle des échanges ont été engagés avec plusieurs institutions, notamment les universités de Montréal, McGill, Ottawa et Toronto, en vue de collaborations futures.
« Nous voulons exporter nos étudiants. Ils ne resteront pas seulement en Côte d’Ivoire à travailler, mais ils auront la possibilité d’aller travailler dans d’autres pays », a-t-il déclaré, soulignant la volonté de l’établissement de préparer ses diplômés à la concurrence avec les grandes écoles d’architecture internationales.

Dans son intervention, la directrice académique adjointe de l’EAA, Gohi Raïssa Grâce, a présenté les orientations académiques retenues pour accompagner les apprenants, améliorer leurs compétences et renforcer leur préparation à la vie professionnelle.
La première priorité porte sur l’organisation de cours de renforcement au profit des étudiants éprouvant des difficultés dans leur apprentissage. Cette mesure vise à mieux accompagner les apprenants et à favoriser leur progression tout au long de leur parcours académique.
La deuxième orientation concerne le développement des relations avec les milieux professionnels, académiques et institutionnels. À travers ces partenariats, l’EAA entend favoriser les échanges de compétences et les collaborations autour des pratiques contemporaines de l’architecture.
Dans cette dynamique, l’établissement prévoit l’organisation de conférences, d’ateliers et de formations avec des professionnels et des entreprises du secteur du bâtiment, afin de familiariser les étudiants aux réalités du monde professionnel et de faciliter leur future insertion.
Les visites de chantiers et d’usines de fabrication de matériaux de construction figurent également parmi les activités envisagées. Elles doivent permettre aux apprenants de mieux appréhender les techniques de construction, les matériaux et les réalités concrètes de la mise en œuvre des projets architecturaux.
L’ouverture internationale constitue une autre priorité académique. La direction entend développer la mobilité des apprenants à travers des workshops, des séminaires, des conférences, des voyages d’études et des projets pédagogiques. Ces initiatives doivent favoriser le partage d’expériences, la découverte d’autres approches de l’architecture et l’élargissement des perspectives de formation.
Sur le plan de la vie étudiante, Gohi Raïssa Grâce a également annoncé la mise en place de clubs culturels, sportifs et artistiques, en collaboration avec le bureau des étudiants. Ces espaces doivent contribuer à l’épanouissement des apprenants, stimuler leur créativité, développer leur esprit d’équipe et dynamiser la vie au sein de l’établissement.
S’adressant aux étudiants, la directrice académique adjointe les a encouragés à cultiver la rigueur, l’assiduité et la ponctualité, tout en les invitant à respecter le règlement intérieur et à s’investir dans les projets et les clubs étudiants.
Elle a rappelé que la profession d’architecte, aussi passionnante qu’exigeante, nécessite des qualités personnelles et professionnelles solides pour bâtir un avenir durable.
En plaçant la culture, l’innovation pédagogique et l’ouverture internationale au centre de sa stratégie, l’École d’architecture d’Abidjan entend préparer une nouvelle génération de professionnels à répondre aux besoins d’un secteur en pleine mutation et à contribuer à la construction d’un cadre de vie plus digne pour les populations.
(AIP)
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