Sassandra, 30 sept 2026 (AIP) – Les conditions de vie et de travail des instituteurs affectés dans les zones reculées du département de Sassandra restent difficiles, avec des contraintes liées notamment à l’accès, au logement, aux services de base et aux conditions d’enseignement, a constaté l’AIP lors d’une tournée dans plusieurs villages et campements d’Inahiri, Effikouassikro, Garoubré, Grédjibré et Zaébré.
Dans ces localités, l’accès constitue l’une des principales difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants. Les pistes, souvent dégradées, rendent les déplacements pénibles et compliquent la liaison avec les centres urbains. Les véhicules de transport en commun circulent régulièrement sur ces axes dans des conditions parfois difficiles, avec des surcharges et des moyens de transport peu adaptés à l’état des routes.
À leur arrivée dans leurs lieux d’affectation, les nouveaux instituteurs sont confrontés à la question du logement. Certaines habitations mises à leur disposition sont construites avec des matériaux précaires et ne disposent ni d’électricité ni d’eau potable. Malgré cet état, des loyers mensuels sont parfois exigés par les propriétaires.
L’accès aux réseaux de téléphonie mobile constitue une autre contrainte. L’instabilité du signal complique les communications avec les proches et peut également rendre difficiles certaines démarches professionnelles.
Les infrastructures sanitaires destinées aux enseignants présentent également des insuffisances. Dans plusieurs villages visités, les latrines réservées aux maîtres sont dégradées, exposant leurs utilisateurs à des risques sanitaires. En cas de problème de santé nécessitant une prise en charge en ville, les déplacements s’effectuent généralement à moto ou à bord de véhicules de transport en commun.
Les difficultés se retrouvent également dans les écoles. Certaines salles de classe sont construites en terre battue, avec des effectifs importants et un matériel didactique insuffisant ou inadapté. L’absence de clôtures dans plusieurs établissements favorise par ailleurs le passage de motos, de piétons et d’animaux à proximité des salles de classe.
L’insécurité constitue une autre préoccupation. Les enseignants avaient notamment été victimes d’agressions après le retrait de leurs salaires dans les banques. Si ce phénomène a diminué, des cas de vols sont encore signalés dans les domiciles pendant les vacances scolaires.
Les enseignants du secondaire et le personnel d’encadrement affectés dans les collèges de proximité connaissent des difficultés similaires. Face à ces conditions, certains enseignants cherchent à quitter les zones enclavées en présentant des concours professionnels leur permettant d’accéder à d’autres fonctions dans le système éducatif.
L’amélioration des conditions de vie et de travail figure ainsi parmi les préoccupations exprimées par les enseignants de Sassandra, aux côtés de la question de la prime d’incitation réclamée par leurs collègues dans plusieurs régions du pays. Ils souhaitent notamment l’appui des autorités locales et du ministère de tutelle pour améliorer leur environnement professionnel et leurs conditions de vie.
(AIP)
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