San Pedro, 27 nov 2025 (AIP) – Des enseignants-chercheurs, chercheurs et acteurs du domaine réfléchissent aux stratégies pour faire de l’économie bleue basée sur les ressources maritimes et côtières un levier majeur de croissance pour un développement durable et inclusif en Côte d’Ivoire, dans le cadre d’un colloque international qui s’est ouvert mercredi 26 novembre 2025 à l’Université polytechnique de San Pedro.
Durant quatre jours, les participants examineront les enjeux économiques, sociaux et environnementaux liés à l’exploitation des ressources maritimes et côtières en Afrique, en particulier en Côte d’Ivoire. L’occasion servira à fournir des éléments d’analyse sur le potentiel de l’économie bleue afin de stimuler la croissance économique des États, notamment à travers des secteurs tels que la pêche et les énergies marines. L’identification des obstacles au développement de l’économie bleue, notamment en matière de gouvernance, d’infrastructures et de durabilité des ressources, occupera également une place centrale dans les échanges. Les travaux seront sanctionnés par des recommandations.
Selon les experts, l’économie bleue fait référence à l’exploitation durable des ressources océaniques, côtières et des eaux intérieures dans le but de favoriser la croissance économique, de créer de la richesse et des emplois, et de préserver l’environnement marin et continental. Ce concept englobe plusieurs secteurs économiques, notamment la pêche, l’aquaculture, le tourisme côtier, les infrastructures portuaires, l’industrie navale et la biotechnologie marine.
Pour la Côte d’Ivoire, dotée d’une façade maritime de 566 km, de fleuves, de lacs et de deux ports stratégiques (Abidjan et San Pedro), l’économie bleue représente un levier majeur de croissance et de transformation structurelle. Les différents intervenants, notamment le représentant du ministre délégué auprès du ministre des Transports chargé des Affaires maritimes, le colonel Sékou Sanogo, le président de l’Université polytechnique de San Pedro, Pr Méité Méké, le conseiller du président de la République, Abou Bamba, et l’inspecteur de la marine, l’amiral Konan Boniface, l’ont relevé de façon unanime.
Ils ont souligné que les ressources marines et côtières doivent être davantage valorisées. Parmi les défis à relever pour une dynamique de croissance intégrée de l’économie bleue figurent la mauvaise exploitation des ressources marines, la pollution marine, la vulnérabilité au changement climatique, les conflits d’usage de l’espace marin, la dégradation des écosystèmes et la forte dépendance aux importations de poisson (80 % de la consommation nationale).
La transformation de l’économie bleue en moteur de croissance passe par une protection accrue du milieu marin, une restauration active des écosystèmes fragilisés, une gouvernance maritime renforcée et appuyée sur la science, une coopération internationale approfondie, une modernisation des filières pêche et aquaculture, le développement du tourisme côtier et un investissement bien plus important dans l’innovation et la surveillance.
L’adoption du concept d’économie bleue en Côte d’Ivoire remonte à 2014. Depuis 2021, le gouvernement a mis en place un dispositif ayant permis le lancement d’un programme de développement de l’économie bleue, soutenu par un programme national d’investissement dédié.
Les échanges du colloque porteront sur plusieurs axes de réflexion, notamment le climat, les bioressources et l’agro-industrie, la gouvernance et la santé, le tourisme, l’hôtellerie balnéaire et la restauration, l’énergie, les mines et la technologie, le droit, l’économie et le transport, ainsi que la pêche, l’aquaculture et l’aménagement côtier.

Le président de l’Université polytechnique de San Pedro, Pr Méité Méké, a indiqué que ce colloque s’inscrit dans la vision de son institution et confirme sa vocation. L’établissement propose des parcours de formation au sein de quatre Unités de formation et de recherche (UFR) : UFR Sciences de la mer, UFR Agriculture, ressources halieutiques et agro-industrie, UFR Logistique, tourisme et hôtellerie-restauration, et UFR Sciences de la santé.
Il accueille également une classe préparatoire aux grandes écoles (mathématiques, physique et sciences de l’ingénieur) donnant accès à deux écoles d’ingénieurs : l’École d’ingénieurs en bâtiment et travaux publics et l’École d’ingénieurs en construction navale, ainsi qu’un Centre de recherche océanographique.
(AIP)
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