Abidjan, 15 juil 2026 (AIP) – L’ONG Women in Law and Development in Africa (WiLDAF-Côte d’Ivoire) a présenté, un recueil intitulé « Voix des survivantes : l’écriture comme outil de plaidoyer contre les violences basées sur le genre », mardi 14 juillet 2026 à la Maison de la presse. réunissant 27 témoignages de survivantes de Violences basées sur le genre (VBG), dans le but de sensibiliser l’opinion publique et de renforcer le plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en charge des victimes.
Présenté au cours d’une conférence de presse, l’ouvrage est l’aboutissement d’un projet pilote ayant permis à des survivantes de transformer leur vécu en récits grâce à un accompagnement psychologique et à des ateliers d’écriture.
Le chef de projet, Justin Oulai, a expliqué que cette initiative a débuté par des sessions de formation destinées aux participantes, encadrées par des consultants en écriture et un psychologue, afin de les aider à mettre des mots sur leur expérience.
« Nous avons pu réaliser un recueil qui rassemble 27 témoignages de survivantes des violences basées sur le genre, couvrant les différentes formes de violences, notamment psychologiques, sexuelles, émotionnelles et conjugales », a-t-il indiqué.
La directrice exécutive de WiLDAF-Côte d’Ivoire, Simone Guidi, a souligné que ce projet vise à rompre le silence qui entoure les VBG et à porter la voix des survivantes auprès des décideurs.
« Nous avons voulu les écouter, entendre leurs voix, pour pouvoir porter haut les plaidoyers que nous devons faire », a-t-elle déclaré.
Elle a précisé que plusieurs actions de plaidoyer ont déjà été engagées auprès de l’Assemblée nationale et du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant. Ces démarches portent notamment sur l’adoption d’une loi spécifique contre le féminicide, la création de centres d’hébergement d’urgence pour les survivantes ainsi que le renforcement de leur prise en charge psychologique, sociale et économique.
Représentant la présidente de l’association “Akwaba Mousso” un partenaire, Lydie Pascaline Koffi a estimé que les survivantes doivent être placées au cœur de la lutte contre les violences basées sur le genre.
« Nous ne lançons pas seulement un recueil de témoignages. Nous faisons entendre des voix que la peur, la honte et le silence ont trop longtemps empêché de s’exprimer », a-t-elle affirmé.
Elle a rappelé que le centre intégré “Akwaba Mousso”, créé en 2023, a enregistré plus de 1 500 consultations en 2025 et accompagné individuellement plus de 200 femmes et enfants survivants de violences.
L’une des participantes au projet a témoigné des effets de cette initiative sur son parcours de reconstruction après plusieurs années de violences conjugales.
« Lorsque la parole est libérée, le cœur se détend », a-t-elle confié, expliquant que cette expérience lui a permis de se reconstruire et de s’engager à son tour dans la sensibilisation d’autres survivantes.
À travers ce projet, WiLDAF-Côte d’Ivoire et ses partenaires entendent faire de l’écriture un levier de guérison individuelle, mais également un outil de sensibilisation et de plaidoyer pour renforcer les politiques de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre.
(AIP)
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