Sassandra, 19 juil 2026 (AIP) – Les producteurs d’hévéa de Sassandra ont été informés des réformes engagées en faveur de la filière, notamment celles relatives à leur participation dans la gouvernance du secteur et à la sécurisation des revenus issus de la production du caoutchouc naturel.
Cette séance d’information a été animée par le président du conseil d’administration de la Fédération des organisations professionnelles agricoles des producteurs de la filière hévéa de Côte d’Ivoire (FPH-CI), Jules Dally, à l’occasion de la clôture des journées culturelles et sportives de l’hévéa organisées à Pauly, village du département de Sassandra.
Selon Jules Dally, les réformes intervenues dans la filière depuis 2011 ont permis de renforcer la place des producteurs dans les instances de décision. Il a notamment cité la transformation, en 2020, de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC), avec la création de deux collèges représentant les producteurs et les transformateurs.
Il a expliqué que cette nouvelle organisation accorde désormais 60 % des voix délibératives au collège des producteurs contre 40 % aux usiniers, permettant ainsi aux planteurs de participer davantage aux décisions relatives à la filière, notamment la détermination des prix du caoutchouc naturel.
Le président de la FPH-CI a également relevé que cette évolution a contribué à l’amélioration des conditions des producteurs, avec notamment la réduction de l’impôt sur leur revenu passé de 2,5 % à 1,5 %.
Il a par ailleurs présenté le nouveau mécanisme de fixation des prix comme une avancée majeure pour la filière. Selon lui, ce dispositif permet une meilleure prévisibilité des revenus grâce à un prix structurel, mettant fin aux fluctuations liées aux décisions individuelles des opérateurs et favorisant davantage de transparence dans la commercialisation du caoutchouc.
Jules Dally a indiqué que la suppression de la décote de 2 % appliquée auparavant constitue également une mesure favorable aux producteurs. Il a ajouté que ce mécanisme contribue à préserver la concurrence dans le secteur en évitant la concentration excessive du marché autour d’un nombre limité d’acteurs.
Rassurant les producteurs sur la dynamique de la filière, il a souligné que l’hévéaculture offre aujourd’hui de nouvelles opportunités économiques au-delà de la production de latex. Il a cité notamment la commercialisation des graines d’hévéa ainsi que la valorisation du bois issu des plantations arrivées en fin de cycle.
La FPH-CI travaille actuellement à la structuration du marché des graines d’hévéa afin d’offrir aux producteurs des débouchés plus sûrs et plus rentables, a-t-il précisé.
La filière hévéa fait vivre plus de 160 000 familles en Côte d’Ivoire. La clôture des journées culturelles et sportives de l’hévéa à Pauly a également été marquée par la distinction de producteurs, la remise de trophées aux équipes de football, un don de matériel informatique à la sous-préfecture de Mindon ainsi que la visite d’une usine appartenant au président du Conseil d’administration de l’APROMAC, Charles Emmanuel Yacé.
(AIP)
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