Abidjan, 21 nov 2025 (AIP)- Avec 783 projets communautaires financés depuis sa création en 2004 en faveur des personnes vivant avec le VIH, des réformes sont en cours pour élargir le champ d’action du Fonds national de lutte contre le sida (FNLS), afin d’intégrer des problématiques telles que la santé maternelle, la nutrition et la sécurité sanitaire.
Cette annonce a été faite par la directrice du FNLS, Nathalie Flore Sokouri, lors d’un forum régional de haut niveau sur le leadership communautaire dans les soins intégrés du VIH, organisé le 28 octobre 2025 à Dakar par l’Institut de la Société Civile pour la Santé en Afrique de l’Ouest et du Centre (OSC AOC), en partenariat avec l’ONUSIDA.
Cette rencontre s’est tenue en marge du Forum Galien Afrique, autour du thème principal : « La prochaine frontière : maintenir le leadership communautaire dans les soins intégrés du VIH ».
Mme Sokouri a démontré l’exemple de financement domestique de la Côte d’Ivoire à travers le FNLS, pour mobiliser les ressources et financer les activités liées à la lutte contre le VIH et le Sida. « Nous avons une subvention de l’État à 30%, et 70% proviennent des partenaires. 80% de ces financements sont orientés vers les projets communautaires. Pour en bénéficier, nous lançons un appel à projets, analysons la pertinence des projets, puis signons une convention pour mettre à disposition le financement. Ensuite, nous procédons au suivi-évaluation. »
Aussi, l’Etat ivoirien ambitionne de transformer le FNLS en Fonds de maladies et urgences épidémiques, en intégrant la santé maternelle, la nutrition et la sécurité sanitaire, en complément de la lutte contre le Sida. Cependant, pour réussir cette transition vers des soins intégrés et universels, la Côte d’Ivoire doit mobiliser des ressources supplémentaires estimés à 150 milliards de Francs CFA, a soutenu la directrice.
Pour mobiliser une telle manne financière, Mme Sokouri a affirmé que le pays mise sur la mobilisation domestique, transparente et inclusive. Ce sera notamment l’instauration de taxes sur les boissons, le tabac et d’autres produits, dans le but de réduire sa dépendance aux financements extérieurs et d’assurer la pérennité des actions en matière de santé publique.
« Il est possible d’allier solidarité nationale, innovation financière et leadership communautaire pout bâtir un modèle durable de financement de la santé», a déclaré la directrice lors du panel intitulé « De la dépendance mondiale au pouvoir national : le financement des soins intégrés ».
Le FNLS a été créé en 2004 pour mobiliser les ressources et financer les activités liées à la lutte contre le VIH et le Sida. Cette structure est placée sous la double tutelle des ministères ivoiriens en charge de la Santé et des Finances. Les projets financés par le Fonds couvrent un large éventail d’initiatives. Y figurent des projets de prévention, des projets de dépistage, les soins et soutiens ainsi que des projets combinés ciblant les adolescents et jeunes femmes. Cette approche globale a permis à la Côte d’Ivoire de faire face aux défis sanitaires liés au VIH tout en plaçant les communautés au cœur de la réponse.
(AIP)
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