San Pedro, 1er avr 2026 (AIP) – Les agents du poste des Eaux et Forêts du chef-lieu de la sous-préfecture de Doba et l’ONG Gôlô YÔ Nou Village ont organisé, samedi 28 mars 2026, à Djapadji, village riverain du parc national de Taï, une campagne de sensibilisation sur les conflits homme-faune et la nécessité de préserver les ressources forestières et de sauvegarder ce patrimoine.
Le chef de poste des Eaux et Forêts de Doba, le lieutenant Allah Dany Franck, et la présidente de l’ONG Gôlô YÔ Nou Village, Mme Boa Dorette épouse Aka, ont insisté sur l’importance du parc pour la préservation de la biodiversité et pour l’avenir des générations futures. Ils ont invité les populations à s’approprier le défi de la valorisation de cette aire protégée, classée patrimoine mondial.
Selon le lieutenant Allah Dany Franck, il existe de réels conflits de cohabitation entre les animaux et les populations riveraines à la périphérie du parc, impliquant à 60 % des éléphants, 18 % des buffles et 13 % d’autres animaux, qui sortent de la forêt pour se nourrir dans les plantations, causant ainsi des dégâts.
Toutefois, il a insisté sur la nécessité pour les populations de ne pas les tuer. Il leur a également demandé de s’abstenir d’entrer dans le parc pour prélever des ressources naturelles ou pour chasser, ces pratiques étant interdites par la loi.
Selon Mme Aka, l’ONG partenaire Gôlô YÔ Nou Village, dont la mission principale est la plantation d’arbres dans les écoles primaires, a inscrit cette campagne de sensibilisation dans ses activités culturelles, éducatives et environnementales à destination des enfants.
Elle a conseillé à ces derniers de se mettre à l’abri et de prévenir leurs parents lorsqu’ils aperçoivent un animal dans les champs. Les parents, à leur tour, devront informer les agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) ou ceux des Eaux et Forêts afin qu’ils prennent les mesures appropriées.
Le chef de poste des Eaux et Forêts de Doba a proposé, comme solutions pour limiter les incursions des animaux dans les plantations et les risques pour les populations, l’installation de ruches dans les champs afin d’exploiter la présence des abeilles, ainsi que la culture de piments ou de tabac comme barrières dissuasives.
Il a également préconisé la création d’activités génératrices de revenus au profit des populations, ainsi que l’intensification des programmes de reboisement avec des essences telles que l’iroko et le makoré, en voie de disparition, qui entrent dans l’alimentation des éléphants.
Du côté des populations, le chef du village de Djapadji, Podé Gue Jules, a salué l’initiative de cette campagne de sensibilisation et les solutions proposées. Il a sollicité la mise en place d’activités génératrices de revenus, notamment l’élevage de porcs, de cabris, de moutons et de volailles, ainsi que la pisciculture.
D’une superficie d’environ 5 360 km², le parc national de Taï s’étend sur les régions de San Pedro, de la Nawa et du Cavally. Il présente un niveau de gestion de référence dans la sous-région, avec un taux de conservation estimé à 98,4 % de couverture forestière.
Il abrite plus de 50 espèces animales identifiées, dont une quarantaine typique des forêts primaires bien conservées. On y recense, par exemple, près de 300 éléphants et plus de 1.300 chimpanzés.
(AIP)
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