Agnibilékrou, 23 nov 2025 (AIP) – Le peuple Agni Djuablin a célébré la 289ᵉ édition de la Fête de l’igname, un pilier majeur de son identité culturelle, le vendredi 21 novembre 2025 à la cour royale d’Agnibilékrou (Est, région de l’Indénié-Djuablin).
Cette célébration marque à la fois la 289ᵉ édition de la fête et le début de la nouvelle année agricole.
À la fois cérémonie religieuse, institution politique et fête populaire, la Fête de l’igname perpétue la mémoire et les valeurs qui fondent l’identité du peuple Djuablin. « Dans un monde en mutation, cette tradition reste un puissant ciment social et joue un rôle essentiel dans la préservation de la langue, de la culture et d’un climat apaisé favorisant l’épanouissement de chacun », a fait savoir Nanan Ladji, le porte-canne de Sa Majesté Nanan Tigori Gnamin, roi du Djuablin.
Pour le peuple Agni Djuablin, cette célébration est un moment de gratitude envers les ancêtres, une démarche d’action de grâce, de purification et de renouveau. « La fête des ignames est pour le peuple Agni Djuablin l’expression de la fraternité, de l’unité et de la cohésion de notre société », a souligné le porte-canne du roi.
Il a indiqué que cette fête constitue également un acte de légitimation du pouvoir et répond à un protocole strict. En pays Djuablin, elle se déroule entre juillet et novembre, selon le cycle de maturation du tubercule. Elle comprend plusieurs temps forts : offrandes aux ancêtres, repas rituel, puis phase publique et festive au cours de laquelle les offrandes sont présentées au roi. Après le festin communautaire, musique, chants, danses traditionnelles, défilés et parades animent la ville.
Le port de la tenue traditionnelle occupe une place importante durant cette célébration. Il met en valeur la culture locale et symbolise la prospérité et le statut social. Pour les Agni Djuablin, la fête de l’igname est aussi un moment où se rencontrent le passé, le présent et l’avenir.
Bien que partageant un fond culturel commun avec les autres peuples Agni, les Agni Djuablin se distinguent par une manière particulière de célébrer cette fête. « Chez les Agni Djuablin, l’accent est mis sur la royauté, particulièrement sur la figure de l’Amanfin, c’est-à-dire le chef, le roi. Sur les danses guerrières qui rappellent l’histoire du royaume marquée par les conflits », a précisé Nanan Ladji, ajoutant que cette célébration honore également la bravoure des ancêtres.
Le porte-canne du roi du Djuablin a expliqué que pour les plus jeunes, la fête de l’igname représente une leçon d’histoire vivante, une occasion de renouer avec leurs racines et de s’imprégner de la sagesse des anciens, afin de contribuer à la construction d’une société meilleure.
(AIP)
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