Abidjan, 22 mai 2026 (AIP) – La commune du Plateau fait face à une pression croissante sur son patrimoine végétal, fragilisé par l’urbanisation intensive. Un inventaire du couvert arboricole réalisé avec l’appui du cabinet GSEF Expertise révèle l’existence d’espèces rares, vulnérables et parfois dégradées, tout en ouvrant la réflexion sur les opportunités du marché carbone.
Le rapport, remis à la mairie le 5 mai 2026, recense environ 2 600 arbres répartis en 75 espèces issues de 48 familles végétales. Parmi elles, figurent des espèces vulnérables comme Cedrela odorata et des espèces quasi-menacées telles que Eucalyptus camaldulensis. Certaines espèces présentent toutefois un bon état sanitaire, notamment des pieds sains de Lagerstroemia speciosa et de Cedrela odorata.
Mais l’étude met aussi en lumière une biodiversité fortement fragilisée. Des arbres de Albizia lebbeck sont parasités par des mousses et des fougères, tandis que des pieds d’Hevea brasiliensis présentent des attaques d’insectes et des déformations. Des cas d’arbres morts sur pied, notamment un Mangifera indica infesté par des champignons, ainsi que des arbres coupés ou mutilés, ont également été relevés.
Pour la directrice de l’environnement et du cadre de vie à la mairie du Plateau, Dr Aka Bénédicte épouse Kablan, ces résultats confirment l’urgence d’une action renforcée. « Certaines espèces sont vulnérables ou quasi-menacées. Cela montre l’importance de préserver le couvert végétal du Plateau malgré l’urbanisation », a-t-elle souligné.
Au-delà de l’enjeu écologique, le géomaticien Yeo Nahoua insiste sur la dimension économique liée au carbone. « Les arbres absorbent le dioxyde de carbone et produisent de l’oxygène », rappelle-t-il, estimant que la commune pourrait bénéficier de financements via les mécanismes de crédits carbone.
Selon M. Yéo, « le Plateau pourrait inscrire ces arbres dans un programme de gestion et de rémunération du carbone afin de générer des financements pour la préservation de son patrimoine végétal ». Il appelle également à une meilleure sensibilisation des populations sur les conséquences environnementales et économiques de la destruction des arbres.
Dans ce contexte, la mairie mise sur son programme de plantation de 10 000 arbres pour restaurer progressivement le couvert végétal et renforcer la résilience climatique de la commune.
A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité, dans une déclaration prononcée par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abou Bamba, le gouvernement a exprimé son engagement à préserver et restaurer son capital biologique face aux menaces croissantes qui pèsent sur les écosystèmes nationaux.
« Chaque geste compte. Chaque initiative locale est déterminante. Chaque engagement est primordial », a souligné le ministre, estimant que l’action locale demeure essentielle pour construire un avenir durable et résilient pour la Côte d’Ivoire, invitant les populations à adopter des comportements écoresponsables.
(AIP)
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