Abidjan, 9 déc 2025 (AIP) – La présidente de l’Union nationale des femmes handicapées de Côte d’Ivoire (UNFH-CI), Anne-Cécile Konan, a appelé, mardi 9 décembre 2025, à une meilleure intégration des femmes en situation de handicap dans les politiques nationales de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
« Nous lançons solennellement un appel à nos autorités et partenaires techniques pour l’intégration systématique du handicap dans les plans nationaux de lutte contre les VBG », a déclaré Mme Konan, lors d’une cérémonie organisée au siège de l’organisation à Abidjan, dans le cadre des 16 jours d’activisme. Mme Konan a souligné que les femmes handicapées restent encore largement oubliées dans des dispositifs de protection.
La vulnérabilité des femmes en situation de handicap les expose « à des risques accrus, souvent dans le silence des foyers, des communautés et même des institutions censées nous protéger », a-t-elle souligné, citant notamment le viol, les agressions sexuelles ou encore la maltraitance physique.
La présidente de l’Union a rappelé que « les femmes et les filles handicapées sont trois fois plus exposées aux violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques que les autres femmes », dénonçant également la montée des violences numériques.

Ces dernières, a-t-elle expliqué, « prennent des formes particulièrement perverses », telles que la diffusion d’images sans consentement, le cyberharcèlement ou les discours haineux « destinés à nous réduire au silence et à nous exclure des espaces d’expression que représentent les réseaux sociaux ».
Mme Konan a également invité les femmes en situation de handicap « à briser le silence et à dénoncer les abus » afin de renforcer leur visibilité dans les statistiques et les politiques publiques.
Présente à la cérémonie, la sous-directrice de la Promotion des droits des personnes handicapées à la direction de la Promotion des personnes handicapées, Agathe Konan, a encouragé les victimes à signaler les violences qu’elles subissent. Elle a rappelé qu’une étude du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) indique que les femmes handicapées peuvent subir jusqu’à dix fois plus de violences que les femmes non handicapées.
En Côte d’Ivoire, 9 607 cas de VBG ont été enregistrés en 2024, dont 7 950 femmes et 3 290 enfants, selon les statistiques du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, a-t-elle indiqué.
Placée cette année sous le thème « Tous unis pour mettre fin à la violence numérique contre les femmes et les filles », la cérémonie a été marquée par un sketch de sensibilisation et plusieurs prestations artistiques réalisées par des personnes en situation de handicap.
(AIP)
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