Bonon, 23 jan 2026 (AIP) – Une conférence publique sur le thème : « La place du proverbe africain dans la société d’aujourd’hui » s’est tenue, mercredi 21 janvier 2026, à la sous-préfecture de Bonon, à l’initiative du préfet du département, Yapi Claude Ogou.
La rencontre a été animée par Dr Kinimo Séverin, enseignant-chercheur à l’Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo, et Dr Kamaraté Lagazane, enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.
Dans sa communication, Dr Kinimo Séverin a expliqué que le proverbe est un outil de transmission de savoirs et de valeurs, permettant d’enseigner la sagesse de manière simple et durable. Il a indiqué que les ancêtres ont utilisé les proverbes comme une forme d’éducation populaire, pour apprendre le respect, la prudence, la solidarité et la responsabilité. Il a également insisté sur le fait que le proverbe demeure une parole de grande portée, réservée à ceux qui en maîtrisent la profondeur.
« C’est une parole de haute importance réservée aux matures. Ce n’est pas tout le monde qui dit le proverbe », a-t-il relevé, soulignant que son usage exige discernement, mesure et expérience.
Pour Dr Kinimo Séverin, un proverbe bien placé peut corriger un comportement, conseiller une personne ou prévenir un conflit, tout en évitant des propos directs susceptibles de blesser. Il a affirmé que cette richesse de langage permet aux sociétés africaines de préserver l’harmonie sociale et de renforcer l’éducation des jeunes générations.
Dr Kamaraté Lagazane a, pour sa part, mis en avant la richesse des proverbes en tant que patrimoine oral, soulignant leurs fonctions éducative, culturelle, politique, religieuse et parfois sarcastique. Il a précisé que les proverbes restent actuels parce qu’ils expriment des réalités humaines universelles et constituent un instrument de régulation sociale, notamment dans la gestion des conflits et la recherche de la cohésion au sein des communautés.
Les deux intervenants ont insisté sur le fait que le proverbe transmet un message profond en peu de mots, ce qui le rend efficace dans la communication et l’apprentissage. Ils ont également présenté des ouvrages qu’ils ont rédigés, visant à collecter, interpréter et promouvoir les proverbes africains.
Des échanges ont permis de recueillir des suggestions, dont l’intégration des proverbes africains dans les manuels scolaires afin de familiariser les apprenants dès l’école primaire, ainsi que l’organisation d’autres conférences pour renforcer la transmission de ce patrimoine.
À l’ouverture, le préfet Yapi Claude Ogou a rappelé que le proverbe constitue un élément fondamental de la culture africaine et un repère identitaire. Il a invité l’auditoire à réfléchir sur sa place dans la société actuelle, en soulignant que les proverbes existent dans toutes les langues et traduisent la pensée et la sagesse des ancêtres.
Selon M. Yapi, le proverbe fait partie de « l’âme » des peuples et doit être davantage valorisé, notamment pour mieux comprendre le monde et orienter l’éducation des enfants.
La séance a pris fin par un appel à préserver et promouvoir le proverbe, présenté comme un pilier de la culture africaine.
(AIP)
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