Koun-Fao, 17 jan 2026 (AIP) – Le président national de la filière gingembre, Kouamé Koffi, a lancé un appel aux autorités pour la mise à disposition de moto-pompes et la réalisation de forages, afin de soutenir la production et faire face aux effets du changement climatique, au regard de la rareté du gingembre sur les marchés et à la flambée des prix à Koun – Fao.
Lors d’une interview accordée à l’AIP, jeudi 15 janvier 2026, Kouamé Koffi a indiqué que la filière traverse une période de quasi-pénurie du gingembre et du curcuma, principalement due à l’insuffisance de la pluviométrie observée ces dernières années. « Depuis près de trois ans, le changement climatique a bouleversé le calendrier agricole. Lorsque les pluies ne sont pas au rendez-vous au moment des semis, la production est fortement compromise », a-t-il expliqué.
Cette situation a entraîné une hausse significative des prix sur les marchés. Le kilogramme de gingembre se négocie actuellement autour de 1 200 FCFA, tandis que le sac de 50 kilogrammes atteint environ 60 000 FCFA. Le curcuma, pour sa part, se vend à près de 200 FCFA le kilogramme.
Pour le président de la filière, l’accès à l’eau constitue aujourd’hui la principale solution pour relancer durablement la production. Il plaide ainsi pour l’équipement des coopératives agricoles en moto-pompes et la réalisation de forages, en vue de permettre une irrigation régulière des plantations à travers des systèmes modernes comme le goutte-à-goutte.
La rareté du gingembre local contraint par ailleurs les commerçants à s’approvisionner dans des zones telles qu’Air-Mankono, où le gingembre blanc est proposé. Toutefois, ce produit reste peu prisé par les consommateurs, qui préfèrent majoritairement le gingembre jaune, jugé de meilleure qualité.
Kouamé Koffi a également exhorté les populations à mettre à disposition des terres arables afin de développer de grandes superficies de culture, estimées entre 10 et 15 hectares, pour assurer l’approvisionnement d’une usine de transformation dont l’ouverture est prévue prochainement à Kouakoukrakro–Koun-Ahounzi. Les besoins de cette unité sont évalués à environ 10 tonnes de gingembre par semaine.
Rappelons que le gingembre est largement utilisé dans la fabrication de boissons, de produits cosmétiques et dans plusieurs autres domaines.
(AIP)
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