Abidjan, 09 fév 2026 (AIP)- Lors des élections présidentielles du 25 octobre 2025, la page Facebook dénommée “Le Cadavre ambulant” a diffusé une série de fausses informations (1, 2, 3, 4, 5) attribuées à l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP). Pour donner plus de crédibilité aux fausses informations, la page Facebook de l’AIP ainsi que la page Facebook de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) ou d’autres organisations crédibles sont taguées.
Faux message de l’ambassade des Etats-Unis
Dans une publication le 20 octobre 2025, cinq jours avant la présidentielle, cette page prétend que “l’ambassadrice des États-Unis près de la République de Côte d’Ivoire, Jessica Davis Ba appelle les ressortissants américains à quitter le pays sous 48h”. “À l’appel du Front Commun, le Mouvement Bloquons Tout a décidé de paralyser le pays…” indique-t-elle en citant l’AIP comme source. Cette publication a généré plus de 24 300 vues et plus de 70 partages avant d’être démenti par l’ambassade et les organisations de fact-checking.

Fausses alertes et rumeurs infondés
Le 21 octobre, la même page publie un autre message évoquant une prétendue brouille entre le président Ouattara et le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani. Le 22 octobre, elle affirme que “le général de la Gendarmerie nationale, Apalo Touré, appelle les leaders de la jeunesse ivoirienne à recourir à la violence pour dire non au 4è mandat”. L’analyse des publications du 20 au 22 octobre 2025 révèle que les mêmes images sont utilisées pour illustrer ces différents faits inventés.

Dans une publication le 24 octobre 2024, la veille du scrutin présidentiel, “Le Cadavre ambulant” fait croire à une mutinerie au Camp militaire Gallieni de Yamoussoukro (la capitale politique du pays) et à un coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Cette fausse alerte a été amplifiée en quelques minutes par le compte pro-AES Henri Soma et une page Facebook fantôme dénommée “CFI“. L’audience cumulée de cette amplification a atteint plus de 815 500 personnes et près de 3 000 interactions dont plus de 280 partages.

Le 25 octobre 2025, jour du scrutin présidentielle, la page Facebook “Le Cadavre ambulant” a participé à l’amplification d’une fausse information sur le report des élections présidentielle en janvier 2026. Publiée pour la première fois par la page pro-Gbagbo et pro-opposition “Côte d’Ivoire Ma Patrie” dans le groupe Facebook “Laurent Gbagbo Espoir d’une Nation et d’un Continent“, cette fausse information a été reprise 31 fois par copier-coller.
Cette campagne d’amplification a touché plus de 508 000 personnes. Dans chacune de ces fausses informations, l’AIP est citée comme source et la PLCC ou d’autres organisations sont parfois taguées. Le 26 octobre 2025, l’AIP a alerté sur l’usage abusif de son nom et de son logo dans des publications non authentifiées en ligne.

Perturber le processus électoral !
Les cas de désinformation de la page “Le Cadavre ambulant” illustrent un mécanisme de manipulation de l’information, caractérisé par l’usurpation de sources institutionnelles officielles. En attribuant de fausses informations à l’AIP et en taguant des institutions telles que la PLCC, “Le Cadavre ambulant” a entretenu une illusion de crédibilité afin d’induire le public en erreur. La régularité de ses publications à l’approche des élections et l’amplification coordonnée témoignent d’une stratégie délibérée pour semer la confusion et perturber le processus électoral.
Avec plus de 49 000 abonnés, la page Facebook “Le Cadavre ambulant” est bien connue des organisations ouest-africaines de fact-checking (Dubawa, AfricaCheck, AIP, etc.). Entre octobre et novembre 2025, elle a été citée comme auteur de désinformation dans plusieurs articles de vérification de l’information (1, 2, 3, 4, 5). Créée le 22 février 2022 sous l’appellation “Les célèbres Burkinabè”, cette page, administrée par un compte géolocalisé au Burkina Faso a changé de nom le 5 novembre 2024 pour adopter sa dénomination actuelle.

Ce rapport a été produit par l’AIP dans le cadre du programme d’incubation du Programme de bourses institutionnelles African Digital Democracy Observatory (ADDO). Il a été réalisé sous le parrainage de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). ADDO respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de l’AIP. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez https://disinfo.africa/
(AIP)
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