Odienné, 28 jan 2026 (AIP) – Annoncé comme le moteur du désenclavement du Grand Nord ivoirien, l’axe reliant Odienné à Boundiali, bitumé entre 2016 et 2019, présente aujourd’hui des signes de dégradation inquiétants, au grand dam des usagers.
Entre nids-de-poule et risques accrus d’accidents, les usagers du district du Denguélé tirent la sonnette d’alarme face à une détérioration qui semble s’accélérer. Cette voie stratégique longue de plus de 130 kilomètres est désormais parsemée de crevasses profondes. Pour une infrastructure d’une telle importance économique, la rapidité de ce délabrement suscite l’incompréhension et la colère des populations locales.
M. Bamba, chauffeur professionnel assurant la liaison Odienné–Ouangolodougou, exprime son désarroi. « Je fais régulièrement la navette en passant par Boundiali. Aujourd’hui, la voie est dans un état de dégradation avancée, comme si le bitume datait de plusieurs décennies. Même s’il ne s’agit pas de tout reprendre, il est impératif de réhabiliter les sections endommagées pour notre sécurité. »
Les travaux exécutés par l’entreprise SOROUBAT CI, sous la supervision du cabinet ACE ALPHA CONSULTING EXPERTISE, avaient duré trois ans, laissant espérer une infrastructure durable. Aujourd’hui, la réalité du terrain est tout autre. Selon des sources proches du dossier, la réception officielle et définitive des travaux n’a toujours pas été effectuée, jetant un doute sur la conformité de l’ouvrage et sur l’activation de la garantie décennale.
Au-delà de l’inconfort, c’est la sécurité routière qui est directement menacée. Les nombreux creux obligent les conducteurs à effectuer des manœuvres brusques et des écarts dangereux, augmentant les risques de collisions frontales ou de sorties de route. S’y ajoute un facteur technique souvent ignoré, à savoir l’usure accélérée du matériel roulant.
« Le mauvais état de la chaussée, combiné aux températures extrêmes de la région, forme un cocktail explosif pour nos pneus. Ils s’usent prématurément ou éclatent sous l’effet de la chaleur et des chocs répétés dans les trous », explique Hervé Kouadio, un autre transporteur de la ligne.
Face à cette situation qui menace l’économie régionale, les populations du Denguélé interpellent les autorités compétentes, notamment l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE). Elles réclament un audit technique approfondi ainsi que des réparations urgentes, avant que l’axe ne devienne totalement impraticable avec l’approche des prochaines saisons pluvieuses.
(AIP)
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