Abidjan, 09 fév 2026 (AIP) – Un projet de protection et de valorisation de la forêt sacrée a été officiellement lancé, samedi 7 février 2026, à Ahouakro, dans la préfecture de Taabo, en vue de préserver ce patrimoine naturel et culturel menacé.
Dénommé Protection et valorisation des forêts sacrées (PVFS), ce projet a été présenté par l’ONG AHEKAA, lors d’une rencontre communautaire réunissant autorités coutumières, notables, ayants droit, femmes et jeunes du village. Ahouakro constitue le site pilote de ce programme national de conservation communautaire.
Le projet repose sur une approche participative axée sur le respect des règles coutumières, la co-construction avec les communautés locales et la transparence dans la gouvernance.
« Nous sommes venus écouter d’abord, comprendre ensuite et ne proposer qu’en accord avec la communauté, dans le respect de la sacralité du site », a expliqué le président du Conseil d’administration de la structure porteuse du projet, Koffi Ampeyrus Avogadro Kouamé.
Le programme PVFS considère les forêts sacrées comme des réservoirs de biodiversité, des lieux de mémoire et de spiritualité, mais également comme des vecteurs de cohésion sociale. À Ahouakro, la forêt sacrée est confrontée à plusieurs menaces, notamment la pression foncière, l’érosion des normes traditionnelles et les feux de brousse.
Les objectifs du projet visent, entre autres, à sécuriser socialement et symboliquement la forêt, documenter les savoirs et règles coutumières, renforcer la gouvernance locale à travers un comité de gestion inclusif, sensibiliser les populations et jeter les bases d’un modèle reproductible de conservation communautaire.
La cérémonie de lancement a été marquée par l’engagement formel de la communauté villageoise à accompagner la mise en œuvre du projet. La mutuelle du village a également été associée au processus afin de favoriser un cadre de collaboration durable.
En signe de reconnaissance et de respect des autorités traditionnelles, les porteurs du projet ont offert une chaise au chef du village et à son épouse.
À terme, le projet PVFS ambitionne d’étendre cette expérience pilote à d’autres régions de la Côte d’Ivoire, en vue de contribuer à la reconnaissance des forêts sacrées comme un patrimoine vivant, conciliant protection écologique, gouvernance communautaire et valorisation culturelle.
(AIP)
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