Béoumi, 18 fév 2026 (AIP)- L’ONG internationale Médecins Sans Frontières Afrique de l’Ouest et du Centre (MSF WaCA) a organisé mardi 17 février 2026 à Bodokro, dans le département de Béoumi, une activité de sensibilisation sur l’épilepsie, à l’occasion de la Journée internationale de l’épilepsie.
La rencontre, tenue en présence des autorités administratives, des responsables du système éducatif et du personnel de santé, a été marquée par une conférence publique autour du thème : « Épilepsie en milieu scolaire, parlons-en pour combattre les préjugés ». Elle visait à renforcer les connaissances sur cette pathologie, à lutter contre la stigmatisation en milieu scolaire et à contribuer à la réduction de la mortalité liée aux maladies mentales et neurologiques.
Dans sa communication, le conférencier, le Pr Karidioula Hiénéya Armel, a indiqué que l’épilepsie n’est pas une maladie contagieuse, mais une affection du cerveau. Il a expliqué que plusieurs facteurs peuvent en être à l’origine, notamment, les complications lors de l’accouchement, les traumatismes crâniens consécutifs aux accidents de la circulation impliquant des engins à deux roues, les accidents vasculaires cérébraux ainsi que certaines infections.
Abordant les moyens de prévention, il a insisté sur le suivi régulier des grossesses, la référence des femmes enceintes vers des structures disposant d’un gynécologue en cas de complications afin de pratiquer, si nécessaire, une césarienne. Il a également recommandé le traitement précoce du paludisme, la mise à jour de la vaccination contre la méningite et la prévention des complications cardiovasculaires chez les adultes et les personnes âgées.
Le Pr Karidioula Hiénéya Armel a souligné le rôle des enseignants dans la diffusion de l’information auprès des parents. Selon lui, une prise en charge adaptée permet à l’élève épileptique d’améliorer sa qualité de vie et d’avoir un rendement scolaire comparable à celui des autres élèves.
Le sous-préfet de Bodokro, Chika Rosine N’djoré, a salué l’initiative de MSF WaCA et remercié les enseignants pour leur participation. Elle a indiqué avoir été informée de l’existence de 220 cas d’épilepsie enregistrés dans la localité, dont plusieurs en milieu scolaire. Elle a invité les instituteurs, professeurs et éducateurs à observer les signes évocateurs de crises en classe et à orienter les élèves concernés vers les structures sanitaires pour une prise en charge.
Au nom du préfet du département de Béoumi, Traoré Imelda, elle a exprimé sa reconnaissance à MSF WaCA pour son appui au renforcement des capacités locales dans la gestion de l’épilepsie et des troubles mentaux.
Le médecin-chef du centre de santé urbain (CSU) de Bodokro, Dr Botti Bi, a indiqué que la collaboration entre le CSU et MSF WaCA remonte à 2022 dans le cadre de la prise en charge des patients atteints d’épilepsie et de maladies mentales. Il a précisé que 377 patients sont suivis au total, dont 220 pour l’épilepsie et 157 pour des troubles tels que la dépression et la psychose.
Parmi les 220 patients épileptiques, une vingtaine sont des élèves. Selon Dr Botti Bi, la prise en charge vise à réduire la fréquence et l’intensité des crises afin de limiter les conséquences scolaires et sociales, notamment la stigmatisation et l’exclusion. Il a relevé que certains élèves sont empêchés d’accéder aux classes en raison de préjugés liés à la contagion supposée de la maladie.
Il a insisté sur la nécessité d’orienter systématiquement les cas vers l’hôpital pour un traitement régulier et un suivi médical, tout en impliquant les parents dans l’observance thérapeutique à domicile. Une fois les crises contrôlées, l’enfant peut poursuivre sa scolarité dans les mêmes conditions que ses camarades.
L’instituteur au bureau de l’inspection de Bodokro, Gbamélé Yao Désiré, a déclaré que cette conférence permet aux enseignants de mieux comprendre l’épilepsie et d’adopter des attitudes appropriées face aux élèves concernés. Il a affirmé l’engagement du corps enseignant à relayer les informations reçues auprès des parents et des communautés afin de réduire les préjugés.
Les intervenants ont rappelé que l’épilepsie touche de nombreux enfants en âge scolaire et qu’ils sont exposés aux moqueries, à la stigmatisation et à l’exclusion. Les participants ont été invités à retenir que l’épilepsie n’est pas contagieuse, que les crises ne définissent pas la valeur d’un enfant et qu’avec un accompagnement adapté, les élèves épileptiques peuvent réussir leur parcours scolaire.
La rencontre s’inscrit dans le cadre des actions communautaires menées par MSF WaCA à Bodokro pour améliorer l’accès aux soins en santé mentale et renforcer la sensibilisation dans les écoles, les familles et les espaces publics.
(AIP)
yp/rkk

