Abidjan, 22 fév 2026 (AIP)- Des populations de 10 régions de la Côte d’Ivoire, précisément dans le Nord, bénéficient depuis 2022 de la mise en œuvre du projet COSO en vigueur dans les pays du golfe de Guinée. A mi-parcours de la mise en œuvre, les populations bénéficiaires ressentent les bienfaits de ce projet dans leur quotidien. Enquête.
Le projet Cohésion des régions Nord du golfe de Guinée (COSO) a été créé en 1985 pour parrainer la Commission nationale sur les rapports financiers frauduleux, qui a étudié les causes de ces fraudes. Le référentiel COSO, publié initialement en 1992, a été mis à jour en 2013.
L’objectif de développement du projet COSO est d’améliorer la collaboration régionale et la résilience socio-économique et climatique des communautés frontalières dans les régions cibles du nord des pays du Golfe de Guinée exposées aux conflits et aux risques climatiques.
Il s’agit d’un projet régional conclu en 2022, entre le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo, avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale (BM). Il cible les communautés des régions frontalières du Nord exposées aux risques et aux effets de fragilité, de conflits, de violences et aux changements climatiques. Lancé le 04 novembre 2022 en Côte d’Ivoire, à Korhogo, le COSO a un coût global de 87,9 milliards de francs CFA et une durée de cinq ans (2022-2027).
Financé par la Banque mondiale, à hauteur de 87,9 milliards de FCFA en Côte d’Ivoire, il a une durée de cinq ans (2023-2027) et été lancé à Korhogo, le 4 novembre 2022. Il est mis en œuvre dans 10 régions à savoir le Poro, la Bagoué, le Tchologo, le Bounkani, le Gontougo, le Folon, le Béré, le Bafing, le Worodougou et le Kabadougou).
Le projet ambitionne d’améliorer l’accès aux infrastructures socio-économiques de base et de renforcer la participation citoyenne dans l’élaboration et le suivi des politiques de développement
Il est inscrit dans le Plan national de développement (PND) 2021-2025, notamment à travers le pilier 4, « Renforcer l’inclusion sociale », en s’appuyant sur la création de pôles économiques locaux, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base (pilier 5), et la vision d’une Côte d’Ivoire solidaire.

« Notre mission dans le district des Montagnes est de procéder à la consultation publique des parties prenantes du projet. Cela inclut les autorités régionales, les directions techniques régionales, les ONG, les associations, les organisations professionnelles agricoles (OPA), ainsi que toutes les personnes susceptibles d’avoir un intérêt dans le projet à venir. Il s’agit également de leur communiquer des informations sur le projet, notamment les risques et impacts potentiels négatifs, mais aussi les impacts potentiels positifs, qu’ils soient environnementaux ou sociaux », expliquait à Guiglo, le 12 janvier 2026, le Consultant, Expert senior en environnement et social, ESG, RSE, durabilité et climat, Léandre Yaméogo,
Dans le déploiement, des Commissions régionales d’approbation et de suivi des sous-projets (CRAS) ont été mises en place avec pour mission de sélectionner les villages et organiser des ateliers d’examen et de validation des sous-projets ainsi que des montants à allouer.
A titre d’exemples, 150 sous-projets été validés pour la région du Gontougo dont 40 à Bondoukou, par les parties prenantes, 75 pour la région du Bounkani, 54 dans la région du Bafing, etc. S’agissant des coûts,1,5 milliard d’investissement a été validé dans le Worodougou quand 12 milliards d’investissement seront injectés dans le district autonome du Zanzan.
Le projet COSO suit son petit bonhomme de chemin depuis son lancement avec en ligne de mire son objet premier qui est le renforcement de la cohésion sociale entre les communautés. Plusieurs actions sont menées dans toutes les zones concernées. Une formation de leaders communautaires sur la prévention des conflits s’est tenue à Minignan. Les populations du Worodougou ont eu droit à des séances de sensibilisation pour des élections apaisées.
« Nous avons enseigné aux leaders communautaires des notions qui leur permettront d’anticiper et de gérer efficacement les situations conflictuelles. À la veille des élections, cette formation prend tout son sens pour préserver la paix et la cohésion sociale », s’exprimait, le 6 octobre 2025, le président de la Commission régionale des droits de l’homme, du Folon, animateur de deux modules de la session, Coulibaly Dramane.
Dans le volet insertion sociale, il y a eu la formation des jeunes pour la production de l’engrais bio compost à Tiéménin (Kong) et à Séguéla.

Des infrastructures sociales de base sont en cours de réalisation pour les unes et livrées pour les autres. C’est le cas à Lingbakrouta (Korhogo), à Dadiassé-Abrikokro et Assuamakro, dans le Gontougo. Une pompe hydraulique a été installée à Minatéon (Bondoukou) et une autre a été réparée à Tiémenin (Kong) et la région du Bafing a été dotée de quatre marchés ruraux dont deux entièrement achevés dans les villages de Dessené et Niokosso (département de Koro), et deux autres en cours de réalisation à Bounda (département de Ouaninou) et Mahandougou (département de Koro).
Au plan santé, des équipements sanitaires ont été remis à des structures pour renforcer la cohésion sociale à Korhogo et des dispensaires inaugurés à Sahandala (kong), à Tissié (Bondoukou) et d’un centre de santé à Touba.
S’agissant de l’éducation, des classes construites à Claudekro à Kani, à Koutiana (Doropo), un collège de proximité construit à Soko, des salles de classes à, Kourénou (Bondoukou), une école primaire à Kahitédouo et trois classes à Kourénou (Bouna), et à Touba.
Au plan culturel, l’on note le festival de balafon à Mibrigué (Korhogo), un festival artistique à Sissingué à Kouto et un festival pour la cohésion sociale dans le Zanzan à Bouna, une journée de réconciliation pour la cohésion sociale à Pourou, village de Tengrela autour d’un festival valorisant les richesses culturelles locales et un concours de poterie à Boromba, une journée socio-culturelle et un tournoi de football à Touba.
Au plan sportif, plusieurs activité sport ives y compris des journées de sensibilisation ont été intensifiées pour consolider le vivre ensemble. Ce fut le cas entre Mamérisso et Ganikro, et aussi à Békro, dans le département de séguéla
En termes de compétitions, un tournoi de la cohésion et de la solidarité communautaire organisé à Kong, a été remporté par le village de Kafolo. D’autres ont eu lieu à Blésségué à Kouto, à Nassian, à Pinda Borokro (Bondoukou) et Fadiadougou (Séguéla). La ville de Bouna a organisé une marche sportive pour la cohésion sociale à Bouna.
Trois ans après le lancement du projet COSO, l’heure est au constat sur le terrain. A cet effet, une équipe conjointe du projet et de la Banque mondiale a effectué du 19 au 25 janvier 2026, une mission d’appui et d’évaluation dans les districts du Zanzan, des Savanes et du Denguélé dans le cadre de la première mission de l’année en cours.
Cette mission visait à apprécier l’état d’avancement du projet à la suite de la revue à mi-parcours, à travers des visites de terrains et des échanges avec les bénéficiaires et les autorités locales.
Cette mission conjointe a permis à l’unité de coordination du projet et à la Banque mondiale de disposer de chiffres clés des réalisations et des actions en cours d’achèvement. Aussi ressort-il de cette mission que depuis sa mise en œuvre en 2022 jusqu’au 31 décembre 2025, le projet a permis la réception de 917 infrastructures socio-économiques de base et la réalisation de 529 autres en cours dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’hydraulique.
Par ailleurs, 43 392 emplois ont été créés au profit des hommes (54%), des femmes (46%) et des jeunes (57%), dans les secteurs tels que le maraîchage, les cultures vivrières, la transformation, l’élevage, l’apiculture, les services de transport, le commerce sur les marchés fonctionnels et les travaux de chantiers.

Il apparait aisément, au regard de ces données, que le projet COSO se présente comme un levier majeur de lutte contre la pauvreté par la création d’emplois et d’insertion socio-économique des populations, en particulier des femmes et des jeunes en milieu rural.
Ce n’est pas le village de Biégnon, dans la sous-préfecture de Kalamon, frontalier au Burkina Faso, qui dira le contraire. Les populations locales disent vivre « une véritable renaissance sociale et économique » grâce à l’intervention du projet.
Dah Robert, habitant du village, a livré un témoignage émouvant le 17 mai 2025 à Bouna, A la faveur du festival de sensibilisation à la cohésion sociale organisé par le projet, un habitant de Biégnon, Dah Robert, a affirmé que le projet COSO a marqué un tournant décisif dans la vie de cette communauté qui s’est longtemps considérée comme « reléguée au second plan ».
« Le village était pratiquement abandonné. Il n’y avait pas d’école, ni d’avenir pour les jeunes. Aujourd’hui, nous avons une école, les enfants étudient, les femmes travaillent ensemble, et les jeunes retrouvent l’espoir », a-t-il confié.
Avant l’intervention du projet, Biégnon souffrait d’un isolement structurel, sans infrastructures de base, ni perspectives pour ses habitants. Avec l’appui du COSO, une école primaire moderne a vu le jour, apportant un souffle nouveau à la communauté, a-t-on appris
A la clôture du projet en 2027, il n’y a aucun doute que le bilan sera encore plus reluisant et les témoignages de gratitude des bénéficiaires plus poignants.
(AIP)
fmo
Enquête réalisée par Franck Michel Oguéhi

