Interview réalisée par Benjamin Soro
Abidjan, 28 fév 2026 (AIP) – Le directeur général de la Société des mines d’Ity (SMI), filiale d’Endeavour Mining, détaille dans une interview accordée à l’AIP la politique sociale, environnementale et de gouvernance déployée autour du site minier d’Ity.
Du plan de fermeture à la formation des jeunes, en passant par la lutte contre le paludisme et l’emploi local, Tionaga Drissa Soro insiste sur l’approche participative qui reflète les priorités des populations riveraines pour un héritage durable.
Existe-t-il un plan de fermeture du site minier, révisé tous les trois ans et validé par les services étatiques ?
Oui, un plan de fermeture et de réhabilitation est déjà financé et prêt à être activé. Il est révisé triennalement et validé par les ministères des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, ainsi que de l’Environnement. Cette démarche assure une exploitation responsable, alignée sur les normes nationales et internationales.
Quel est le pourcentage d’Ivoiriens dans la haute direction et le personnel ?
Aujourd’hui, 96% des employés de la SMI sont Ivoiriens, dont 46% issus des communautés riveraines. Nous privilégions aussi le contenu local : plus de 80% des approvisionnements proviennent de Côte d’Ivoire, notamment d’Abidjan, Man et Yamoussoukro.
Comment sont sélectionnés les projets du Fonds de développement local minier ?
Présidé par le préfet de Zouan-Hounien, le Fonds s’appuie sur un plan local de développement co-construit avec les populations. Un cabinet externe élabore ce plan, soumis puis validé par l’administration minière. Il guide les investissements sur trois ans en infrastructures et initiatives socio-économiques.
Les populations sont-elles réellement consultées ?
Absolument. Tous les projets reflètent leurs besoins prioritaires, via un processus participatif structuré.
Envisagez-vous une école technique pour former la jeunesse aux métiers miniers ?
Oui, une école est en construction à 80 km du site, avec achèvement imminent. Nous négocions un partenariat avec les autorités pour des filières spécialisées, formant des jeunes opérationnels dès leur sortie.
Comment partagez-vous le savoir-faire en attendant ?
Issu de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), où j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur en conception des mines, je valorise les partenariats. Nous accueillons 100 à 150 étudiants de l’INP-HB et de l’Université de Man pour stages et perfectionnements. Ainsi, 60% de nos ingénieurs miniers sont formés là-bas et transmettent leurs compétences pratiques.
Quel est l’impact social global de la mine d’Ity ?
Endeavour Mining vise un héritage durable via l’employabilité des jeunes (formations, stages), le soutien éducatif (kits scolaires, Fondation Endeavour), les infrastructures de santé (centres, « Caravane Santé » annuelle en ophtalmologie, pédiatrie et gynécologie), et l’accès à l’eau (forages, stations d’épuration).
Quels résultats dans la lutte contre le paludisme ?
Depuis trois ans, en partenariat avec l’Institut national d’hygiène publique (INHP), nous avons formé les communautés à l’élimination des gîtes larvaires et à la pulvérisation intra-domiciliaire. L’incidence a chuté de plus de 90% chez nos collaborateurs et les riverains sur cinq ans.
Comment s’organise le recrutement local ?
Un protocole d’accord avec le gouverneur et les préfets encadre le processus. Pour les postes non qualifiés, les leaders communautaires présélectionnent les candidats, que nous testons ensuite. Sur dix candidats présentés, quatre à cinq sont retenus selon les compétences.
À travers ces initiatives participatives, la SMI conjugue performance économique, responsabilité environnementale et progrès social au bénéfice des populations locales.
(AIP)
Bsp/kp

