Abidjan, 31 mars 2026 (AIP)-Le directeur général de l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), Romain Kouakou, a présenté mardi 31 mars 2026, un vaste portefeuille de projets structurants d’un montant de 2 000 milliards d’euros, destiné à transformer durablement les déplacements dans la capitale économique ivoirienne.
Cette annonce a été faite à l’occasion du panel intitulé « Un plan de mobilité intégré comme réponse au désengorgement des villes », organisé dans le cadre de la deuxième journée du forum d’affaires consacré aux corridors stratégiques en Afrique de l’Ouest.
Parmi les projets majeurs, figure en premier lieu, la construction d’une ligne de métro, une infrastructure inédite dans l’histoire du pays, appelée à constituer l’épine dorsale du système de transport urbain moderne.
S’y ajoute la mise en œuvre d’une ligne de Bus Rapid Transit (BRT) express reliant Yopougon à Bingerville. Ces deux dispositifs combinés devraient permettre de transporter près de 500 000 passagers par jour, contribuant ainsi à désengorger significativement le trafic urbain.
Dans cette dynamique, l’extension du réseau BRT est également prévue, avec la réalisation d’environ 100 kilomètres supplémentaires de lignes, pour un coût estimé à 900 millions d’euros. Selon le directeur général de l’AMUGA, plusieurs partenaires internationaux, notamment chinois, ont déjà manifesté leur intérêt pour accompagner la mise en œuvre de ces projets.
Le transport lagunaire constitue, par ailleurs, un axe stratégique majeur de cette politique de mobilité intégrée. Encore sous-exploité, il représente une alternative pertinente pour fluidifier les déplacements dans une ville soumise à une forte pression routière. À cet effet, un investissement de l’ordre de 500 millions d’euros est envisagé.
Ce projet prévoit notamment la construction de 21 gares lagunaires, reliant plusieurs zones clés telles que Bingerville, Abobo-Doumé, Yopougon et Songon. Il comprend également l’aménagement de chenaux de navigation, assimilables à de véritables « routes sur l’eau », la mise en place d’un chantier naval, ainsi que l’acquisition de près de 100 bateaux destinés au transport des passagers. En complément, des parkings relais seront aménagés afin de permettre aux usagers de stationner leurs véhicules avant d’emprunter les transports lagunaires.
Par ailleurs, Romain Kouakou a insisté sur la nécessité de promouvoir la mobilité douce, désormais considérée comme un pilier essentiel de l’aménagement urbain durable. Ce volet inclut le développement de la marche à pied et de l’usage du vélo, avec l’identification de 150 kilomètres de pistes cyclables, nécessitant un investissement estimé à 200 millions d’euros.
Le directeur général de l’AMUGA prenait part à ce panel aux côtés de la directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest de Swedfund, Kitanha Touré, et du représentant de GIZ TUMI, Martin Schäfer.
Procédant à l’ouverture des travaux, le directeur de cabinet adjoint du ministre des Transports et des Affaires maritimes, Abdoulaye Alliagui, a invité les participants à intégrer plusieurs dimensions essentielles dans leur réflexion, notamment la digitalisation des services, le développement du capital humain ainsi que les mécanismes de financement, autant de leviers indispensables pour relever efficacement les défis de la mobilité urbaine.
(AIP)
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