Man, 28 mai 2026 (AIP)-Les acteurs de la filière huile rouge, des autorités administratives, des enseignants-chercheurs et des chefs coutumiers ont validé, mardi 26 mai 2026 à Man, les résultats de l’étude de délimitation de l’aire géographique de l’Indication géographique protégée (IGP) « huile rouge de Man ».
Réunis à la chambre d’agriculture de Man lors d’un atelier de restitution et de validation, les participants ont examiné le tracé provisoire issu des travaux techniques réalisés dans le cadre du processus de reconnaissance de l’IGP.
Le président du groupement d’indicateur protégé Huile rouge de Man, Dion Bonka Béranger, a indiqué que cette démarche vise à protéger l’authenticité du produit face à « l’utilisation abusive de l’appellation huile rouge de Man, l’absence de traçabilité et de normes harmonisées, la faible structuration des acteurs et la concurrence des productions industrielles ».

Selon lui, l’huile rouge de Man « n’est pas un produit ordinaire » en raison du lien entre le produit, le savoir-faire local et le territoire de production.
« La délimitation de l’aire géographique constitue l’un des fondements essentiels de toute indication géographique protégée », a-t-il déclaré, précisant que l’étude a reposé sur des investigations de terrain, des relevés GPS, des analyses biophysiques et des consultations communautaires.
Les résultats présentés par le cabinet SIG chargé de l’étude ont permis d’identifier trois zones de production.
La zone A, dite zone solaire, couvre le département de Biankouma et le nord du département de Man avec huit sous-préfectures et 127 localités productrices où la transformation demeure artisanale.
La zone B, appelée zone cœur, concerne le département de Man, principalement sur l’axe Man-Logoualé, avec huit sous-préfectures et 125 localités productrices. La production y reste aussi artisanale.
La zone C, dite zone humide, s’étend des départements de Danané à Zouan-Hounien avec 13 sous-préfectures et 335 localités productrices. La transformation y est artisanale et semi-mécanisée.
Les travaux de l’atelier visaient à présenter les résultats techniques de l’étude, examiner le tracé proposé, confirmer les zones d’inclusion et d’exclusion et adopter le rapport final de délimitation.
A l’issue de la rencontre, les participants ont validé de manière consensuelle le tracé de l’aire géographique ainsi que les critères de délimitation.
Intervenant après l’atelier, Dion Bonka Béranger a qualifié cette validation de »premier plus grand pas » dans le processus d’obtention de l’Indication géographique protégée (IGP). « Cette étude qui vient d’être menée va découler des deux grandes autres études dont la caractérisation et l’élaboration des cahiers de charges », a-t-il expliqué.

Il a appelé les productrices à maintenir le mode de transformation artisanale et à utiliser les graines de palmiers naturels afin de préserver la qualité du produit.
Le président du groupement a également sollicité l’appui des collectivités territoriales pour la poursuite des études nécessaires à l’obtention de l’IGP.
« Nous avons besoin des autorités et nous ne cessons de lancer un SOS à la mairie, comme le conseil régional », a-t-il affirmé.
Des productrices présentes à l’atelier ont salué l’initiative engagée pour la reconnaissance et la valorisation de l’huile rouge de Man.
« Depuis plus de trente ans nous on vend huile, on ne savait pas que certaines démarches peuvent être menées pour mieux nous encadrer et donner de la valeur à ce que nous faisons », a témoigné Zoh Angèle.
De son côté, Déli née Oulaï Joséphine a rappelé que l’activité de transformation de l’huile rouge constitue une source de revenus pour plusieurs femmes rurales de la région.
« Nos mères ont fabriqué de l’huile rouge à la main et ont scolarisé beaucoup de cadres que nous voyons dans notre pays aujourd’hui », a-t-elle déclaré, exprimant l’espoir que le processus engagé permette une meilleure valorisation du produit.
(AIP)
ebd/zaar

