Abidjan, 11 juil 2025 (AIP) – La première édition de la Journée citoyenne du Pôle pénal économique et financier (PPEF) s’est tenue le vendredi 11 juillet 2025 à Abidjan Marcory autour du thème « La réponse judiciaire ivoirienne à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».
Cette journée qui s’est tenue en présence du ministre de la Justice, Jean Sansan Kambilé, de l’ambassadeur d’Allemagne, Matthias Veltin, et des autorités judiciaires et administratives, visait à renforcer la transparence, rapprocher la justice économique des citoyens, et bâtir un dialogue durable autour de la lutte contre la criminalité financière.
« Le PPEF est un levier de stabilité et de développement. Il incarne la volonté de l’État de bâtir une justice moderne et efficace », a affirmé le Garde des Sceaux. Jean Sansan Kambilé a annoncé qu’à ce jour, 1 964 procédures ont été ouvertes, dont 1 174 clôturées et 819 jugées, avec la saisie de 97 immeubles bâtis, des milliers de véhicules, et des avoirs bancaires estimés à plus de 15 milliards de francs CFA.
L’efficacité judiciaire ne saurait être complète sans transparence ni adhésion citoyenne. C’est précisément l’objectif de cette Journée qui est de mieux faire connaître le PPEF, expliquer ses missions, évoquer ses défis, et engager un dialogue constructif avec la population. Ce dialogue est essentiel. Il nourrit la confiance, renforce la culture de la redevabilité et démontre que la lutte contre la criminalité économique et financière est, fondamentalement, l’affaire de tous, a-t-il poursuivi.

L’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire a quant à lui salué l’engagement politique fort des autorités ivoiriennes. Matthias Veltin a rappelé que le PPEF est au cœur du dispositif de répression de la criminalité financière.
« Grâce au partenariat entre la Côte d’Ivoire et l’Allemagne, des efforts considérables sont déployés pour professionnaliser cette juridiction, notamment via des formations techniques, la numérisation des procédures judiciaires, et la lutte contre la cybercriminalité et les crypto-monnaies », a-t-il indiqué.
De son côté, la présidente du PPEF, Esso Blanche Abanet, a insisté sur la responsabilité citoyenne. « La lutte contre la corruption, la fraude et le blanchiment d’argent ne peut réussir sans la participation effective de chacun. Chaque citoyen doit faire preuve de vigilance, d’intégrité et d’engagement dans sa vie quotidienne. C’est ensemble que nous bâtirons une Côte d’Ivoire plus juste. »
Portant la voix de sept organisations de la société civile engagées pour la bonne gouvernance, Adou Ernest a salué cette ouverture de la justice économique au grand public. « Trop peu de citoyens connaissent les voies de saisine du PPEF. Cette Journée est donc essentielle. »
Il a proposé trois pistes d’action, « créer un cadre de concertation permanent entre le PPEF et la société civile, mettre en œuvre un mécanisme de protection des lanceurs d’alerte, et initier des actions citoyennes de proximité en milieu scolaire et communautaire ».
La corruption coûte la confiance, l’espoir et parfois des vies. Elle exige une réponse ferme, inclusive et durable, a-t-il noté, promettant que les organisations de la société civile seront des partenaires exigeants, mais toujours engagés et constructifs.
Cette cérémonie a été marquée par une remise de don de matériels informatiques de l’ambassadeur de l’Allemagne aux autorités judiciaires pour renforcer la lutte contre la criminalité financière.
(AIP)
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