Abidjan, 9 sept 2025 (AIP) – La Journée mondiale de la Diaspora africaine, organisée lundi 8 septembre, en marge de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025) à Alger, a réuni responsables politiques, dirigeants d’entreprises et acteurs culturels venus du continent, des Caraïbes et des communautés africaines qui ont réaffirmé leur volonté de bâtir un marché africain unifié et souverain, mobilisant la force économique et culturelle de la Diaspora.
Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre par intérim de l’Algérie, Sifi Ghrieb, a rappelé l’importance de la coopération économique et culturelle entre l’Afrique et sa Diaspora. Le ton a ensuite été donné par le président du conseil d’administration d’Afreximbank, le Pr Benedict Oramah, qui a invité à « utiliser la force de nos efforts collectifs et de nos connaissances pour bâtir une économie solide pour nous-mêmes et par nous-mêmes ». Selon lui, le projet d’« Afrique mondiale » repose sur un panafricanisme appuyé par les marchés et par un capital détenu et contrôlé par les Africains eux-mêmes.
L’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, aujourd’hui président du conseil consultatif de l’IATF, a réaffirmé que la coopération entre l’Afrique et la Diaspora doit aller au-delà des discours symboliques pour se traduire en projets économiques tangibles avant de plaider, tout comme la Première ministre de la Barbade, Mia Amor Mottley, ainsi que les chefs de gouvernement de Saint-Kitts-et-Nevis, Dr Terrance Drew, et de la Grenade, Dickon Mitchell, pour une souveraineté économique bâtie sur des partenariats équilibrés et durables.
« L’Afrique mondiale n’est pas une idée nouvelle, mais une continuité, celle de réparer un passé brisé et de garantir un avenir fondé sur l’unité », a insisté le Dr Terrance Drew.
La rencontre a également mis en lumière le rôle de la créativité comme moteur économique. Le créateur de mode ghanéo-britannique Ozwald Boateng et l’architecte algérien Chafik Gasmi ont illustré la richesse d’un patrimoine qui peut s’exporter et créer de la valeur. Le professeur Oramah a par ailleurs annoncé la création d’une Commission mondiale pour l’Afrique et le lancement d’initiatives sportives et culturelles liant l’Afrique aux Caraïbes.
Un panel consacré à la « collaboration commerciale sans frontières » a également réuni les responsables politiques, experts et entrepreneurs qui ont partagé des propositions pour fluidifier les échanges, renforcer les investissements transfrontaliers et promouvoir la consommation des produits africains et caribéens sur leurs propres marchés.
La journée s’est conclue par une table ronde sur la « décolonisation des récits », avec des experts d’Afrique, d’Europe et des Amériques, qui ont plaidé pour une meilleure représentation de l’Afrique dans le discours mondial et pour une réappropriation de ses récits.
À travers l’IATF 2025, Alger s’affirme comme un lieu de convergence des aspirations panafricaines et diasporiques, marquant une étape de plus vers la construction d’un marché cohésif de près de deux milliards de personnes.
(AIP)
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