Yamoussoukro, 11 fév 2026 (AIP) – Un atelier de renforcement des capacités des organisations de producteurs de cacao se tient depuis le lundi 9 février 2026 à Yamoussoukro, en vue d’outiller les coopératives cacaoyères sur la prévention et la lutte contre le travail des enfants, à travers l’Approche communautaire de protection de l’enfant (ACPE) et le système de suivi et de remédiation du travail des enfants (CLMRS).
Organisée par la Plateforme ivoirienne pour le cacao durable (PICD), en collaboration avec plusieurs partenaires techniques et financiers, dont l’Union européenne, cette session de formation regroupe des responsables de coopératives venus de différentes régions productrices du pays.
Pour les participants, cette initiative marque un tournant dans la manière de concevoir la production du cacao. « C’est un atelier de renforcement des capacités qui nous rappelle nos responsabilités. Désormais, il ne s’agira plus seulement d’acheter des fèves, mais aussi de mener des actions concrètes contre le travail des enfants pour garantir un cacao pur », a expliqué Adou N’goran, directeur d’une coopérative basée à Akoupé.
Selon lui, les coopératives devront accentuer la sensibilisation communautaire et mettre en place des mécanismes durables de suivi sur le terrain. « Le cacao n’est plus seulement une culture, c’est tout un package social et environnemental », a-t-il ajouté.
Même son de cloche chez Mme Kangba Akissi-Rosine, secrétaire générale de la coopérative CATZ et coordinatrice régionale de la PICD. Elle estime que la crédibilité du cacao ivoirien est en jeu sur les marchés internationaux.
« La filière cacao est le pilier de l’économie nationale. En tant qu’acteurs économiques, nous devons jouer pleinement notre partition dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants. L’image de notre pays vis-à-vis de l’Union européenne et du reste du monde en dépend », a-t-elle affirmé, saluant les actions de la PICD en faveur du bien-être des producteurs et de la protection des enfants.
Du côté des formateurs, l’accent est mis sur l’appropriation d’outils pratiques. Iriébi Bouyano, chargé de projet basé à Divo, a indiqué que la formation vise à doter les coopératives de compétences opérationnelles pour identifier, prévenir et traiter les cas de travail des enfants dans leurs zones de production.
« Les coopératives sont au cœur de la chaîne d’approvisionnement. Elles sont les mieux placées pour interagir directement avec les producteurs. Nous les formons sur l’animation communautaire en protection de l’enfant et sur le système de suivi et de remédiation afin qu’elles puissent assainir leurs chaînes d’approvisionnement », a-t-il précisé.
Il reconnaît que des avancées ont été enregistrées en Côte d’Ivoire grâce aux engagements de l’État et au renforcement du cadre légal, mais souligne que « beaucoup reste à faire », notamment face aux nouvelles exigences internationales en matière de diligence raisonnable et de cacao durable.
À l’issue de l’atelier, les coopératives devront mettre en place des comités communautaires de protection de l’enfant, conduire des actions de sensibilisation locales et déployer des mécanismes de suivi réguliers pour détecter et corriger les situations à risque.
Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet de « Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao en Côte d’Ivoire », mis en œuvre par un consortium d’organisations, dont INADES-Formation, IDEF, Solidaridad West Africa, INKOTA et Fern, avec l’appui de l’Union européenne.
La PICD, créée en 2020, fédère aujourd’hui 20 ONG et 70 organisations de producteurs représentant environ 97 500 cacaoculteurs, dont 14 % de femmes. L’objectif est de renforcer la participation de la société civile aux dialogues politiques nationaux et internationaux pour promouvoir un cacao économiquement viable, socialement responsable et respectueux de l’environnement.
Prévu du 9 au 13 février, l’atelier de Yamoussoukro devrait permettre de consolider les capacités des coopératives afin de garantir, à terme, « un cacao de qualité, sûr et respectueux des droits humains », condition essentielle pour maintenir la compétitivité du premier producteur mondial de cacao sur les marchés internationaux.
(AIP)
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