Abidjan, 20 avr 2026 (AIP) – Le système de récépissés d’entreposage (SRE) constitue une « réforme majeure et structurante » pour le secteur agricole ivoirien, a déclaré le colonel-major Sangaré Souleymane, conseiller technique représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget.
Le représentant du ministre s’exprimait, jeudi 16 avril 2026 à Abidjan, lors de la 4e édition de la tribune d’échanges « Zoom Sur », organisée par le Comité de concertation État–secteur privé (CCESP) en collaboration avec l’Autorité de régulation du système de récépissés d’entreposage (ARRE), à l’hôtel Noom, à Abidjan Plateau.
Ce mécanisme ouvre la voie à une agriculture mieux financée, plus résiliente et plus compétitive. « Ensemble, faisons du SRE un instrument puissant au service de la transformation de notre agriculture et de la prospérité de nos producteurs », a-t-il exhorté, réaffirmant l’engagement du ministère à accompagner cette dynamique.
Une délégation sénégalaise conduite par Issa Wade, directeur général de l’Organe de régulation du système de récépissés d’entrepôt (ORSRE), a également pris part à la rencontre.
Représentant le ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, Pr Datté Jacques, a souligné que le SRE constitue une avancée majeure, notamment en tant que socle opérationnel de la Bourse des matières premières agricoles de Côte d’Ivoire (BMPA).
« Il permet aux producteurs de stocker leurs récoltes dans des conditions sécurisées, d’obtenir un récépissé juridiquement reconnu et de l’utiliser comme garantie auprès des institutions financières », a expliqué Pr Datté, directeur général de la Promotion des Agro-industries.
Le conseiller technique représentant le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Manlan Michel, a insisté sur le rôle du SRE dans la facilitation de l’accès aux crédits à court terme pour les acteurs agricoles et agro-industriels.
Il a indiqué que la réglementation du SRE a été adoptée « suite à un processus participatif et inclusif » associant l’administration publique, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), l’Association des Assureurs de Côte d’Ivoire (ASACI), ainsi que les sociétés d’entreposage, de contrôle qualité et d’inspection des entrepôts.
La secrétaire exécutive du CCESP, Mariam Fadiga Fofana, a souligné l’importance de cette réforme qui vise à faciliter la transformation des matières premières agricoles et à garantir un approvisionnement continu des industriels. « C’est pour permettre une pleine appropriation de ce mécanisme inédit que le CCESP a décidé de faire un focus sur cette réforme », a-t-elle déclaré, adressant ses remerciements aux ministères, aux fédérations professionnelles et aux acteurs du SRE pour leur mobilisation.
Quatre mini-panels thématiques ont meublé l’événement, avec la participation des filières agricoles (cacao, anacarde, maïs, cola), des gestionnaires d’entrepôts, des contrôleurs qualité, des banques, de la Bourse des matières premières agricoles (BMPA) et d’autres intervenants du marché boursier.
Depuis sa mise en œuvre, 982 récépissés d’entreposage ont été émis, couvrant un volume global d’environ 26 404 tonnes de marchandises, principalement de la noix brute de cajou (25 892 tonnes), des amandes de cajou (341 tonnes), du maïs (160 tonnes) et de la noix de cola fraîche (11 tonnes).
Instauré par l’État de Côte d’Ivoire et encadré par la loi n°2015-538 du 20 juillet 2015, le Système de récépissés d’entreposage a été officiellement lancé le 22 février 2018. Il vise à faciliter la transformation des produits agricoles, garantir un approvisionnement régulier des industries et apporter une réponse structurante au financement des chaînes de valeur agricoles.
(AIP)
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