Abengourou, 20 avr 2026 (AIP) – Le délégué régional du Conseil du café-cacao de l’Indénié-Djuablin, Kangouté Yaya, a mené une campagne d’information et de sensibilisation à Abengourou, Bettié et Agnibilékrou, du 25 mars au 10 avril 2026, afin de rassurer les acteurs de la commercialisation intérieure, affirmant que « aucun producteur ne sera abandonné » malgré les turbulences du marché mondial du cacao.
M. Kangouté a réaffirmé, lundi 20 avril 2026 à Abengourou, l’engagement du gouvernement à faire respecter le prix garanti bord champ, tout en reconnaissant les difficultés liées au contrôle dans un secteur comptant plus d’un million de producteurs et plus de trois millions d’hectares de vergers.
Il a indiqué que pour renforcer la transparence, le paiement du prix garanti se fait désormais directement aux producteurs via la carte du producteur, adossée au dispositif national de traçabilité. À ce jour, environ 900 000 producteurs ont été enrôlés et plus de 2 300 coopératives et acheteurs intégrés au système.
Kangouté Yaya a présenté les principales mesures engagées pour faire face à la crise, notamment la défense du prix garanti, l’activation du fonds de stabilisation et le renforcement des mécanismes de commercialisation.
Abordant la conjoncture internationale, le délégué régional du Conseil du café-cacao a évoqué une chute brutale des prix du cacao. « En quelques mois, le prix est descendu jusqu’à 1 650 FCFA/kg », a-t-il indiqué, précisant que cette baisse résulte de facteurs externes, notamment les mouvements spéculatifs et la diminution des achats de fèves. « Sans cette situation, les producteurs auraient bénéficié du prix garanti de 2 800 FCFA/kg fixé en début de campagne », a-t-il ajouté.
M. Kangouté a expliqué que le prix minimum garanti actuel de 1 200 FCFA/kg reflète la tendance baissière du marché mondial, marquée par un effondrement d’environ 70 % des cours depuis octobre 2025. Initialement estimé à 1 000 FCFA/kg, voire 947 FCFA/kg selon la réalité du marché, ce prix a été relevé grâce à l’intervention de l’État.
Il a souligné que le président de la République, Alassane Ouattara, a décidé de ne pas faire supporter aux seuls producteurs les effets de cette baisse. L’État a ainsi mobilisé 231 milliards de FCFA à travers le fonds de stabilisation pour soutenir le prix garanti de 1 200 FCFA/kg pour la campagne intermédiaire 2025-2026.

Le délégué régional a également indiqué que la récolte intermédiaire subit généralement une décote sur le marché international en raison de la qualité des fèves, plus petites que celles de la récolte principale. Toutefois, le Conseil du café-cacao prend en charge cette décote afin de garantir un prix rémunérateur aux producteurs.
Il a rappelé que l’État a mobilisé 280 milliards FCFA pour racheter 123 000 tonnes de stocks résiduels détenus par les producteurs, dont près de 80 % ont déjà été absorbés, le reste devant l’être dans les prochaines semaines.
Kangouté Yaya a souligné que la filière café-cacao s’adapte aux nouvelles réalités climatiques, marquées par des récoltes plus précoces et des saisons moins prévisibles.
Cette évolution a conduit à l’anticipation de l’ouverture des campagnes, désormais fixée en septembre pour la grande campagne et en mars pour la petite campagne, afin de permettre aux producteurs de disposer de revenus à temps, notamment pour la rentrée scolaire.
Évoquant les perspectives, il a appelé à la prudence dans les réformes, estimant que les périodes de « fortes turbulences » ne sont pas propices à des changements précipités, tout en insistant sur la nécessité de consolider les acquis et de renforcer la résilience de la filière. Il a affirmé que « notre cap reste inchangé : sécuriser les revenus des planteurs, moderniser la filière et préserver la souveraineté économique de notre pays ».
La délégation régionale du Conseil du café-cacao à Abengourou couvre les régions de l’Indénié-Djuablin et du Gontougo du Zanzan, notamment les départements de Bondoukou et Tanda, avec pour missions la supervision de la commercialisation, la distribution des cartes de producteurs et le contrôle de la conformité des coopératives.
(AIP)
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