Yamoussoukro, 07 mai 2026 (AIP) – Recueilli le mercredi 6 mai 2026, en marge d’un atelier de renforcement des capacités des leaders communautaires, des Organisations de la société civile (OSC) et des professionnels des médias sur les activités du Programme national de lutte contre le tabac, cet entretien met en lumière un témoignage fort et engagé.
À travers son parcours personnel marqué par une longue dépendance au tabac, le chef du village de Njessi Yamoussoukro, Nannan De Gaye Kwayo, partage une expérience de vie édifiante, ponctuée par une décision radicale d’arrêter de fumer pour préserver sa santé et son foyer.
Son récit, à la fois sincère et interpellateur, se veut un message d’alerte et de sensibilisation à l’endroit de la jeunesse ivoirienne, dans un contexte où la lutte contre le tabagisme demeure un enjeu majeur de santé publique.
Quel est votre rapport à la cigarette ?
C’est vrai que j’ai traversé des moments difficiles dans ma vie. Pendant 17 à 18 ans, je fumais. Et quand je dis cela, cela veut dire que j’étais un vrai volcan.
Je fumais au moins trois paquets et demi de Craven A par jour.
Vous avez pourtant arrêté. Pourquoi et comment ?
Mais en réalité, il n’y a rien de compliqué pour arrêter de fumer. Certains pensent qu’il faut faire des sacrifices, mais ce n’est pas forcément le cas. C’est aussi une question de décision et de foi.
Oui, mais tout de même, cela ne paraît pas si évident, chef?
Moi, j’ai décidé d’arrêter un matin parce que je ne me sentais pas bien. J’avais des malaises, au point où j’ai failli tomber du lit. Ma femme a constaté mon état et m’a conduit à l’hôpital. Après des examens, notamment un scanner, les médecins ont découvert que mon état de santé était très dégradé.
Le médecin m’a alors dit d’arrêter immédiatement de fumer, sinon je risquais de graves complications pouvant entraîner la mort. Et qui voudrait mourir ainsi ?
J’ai donc arrêté. Et jusqu’à aujourd’hui, je ne fume plus. Cela fait environ 13 à 14 ans d’abstinence. Aujourd’hui, je me porte bien et je suis en pleine forme.
Avez-vous un petit message à l’endroit de la jeunesse ?
Je demande à toute la jeunesse de Côte d’Ivoire d’arrêter de fumer, parce que ce n’est pas une bonne chose. On nous demande souvent d’arrêter, mais en même temps, la cigarette reste accessible partout. Ce n’est pas toujours de la faute des autres, mais il faut aussi savoir résister. Moi, j’ai réussi à arrêter ainsi. Et si deux, trois, quatre ou cinq personnes peuvent en faire autant et sensibiliser autour d’elles, beaucoup d’autres arrêteront également.
Je voudrais donc lancer un appel à toute la nation ivoirienne : « Arrêtez de fumer. Cela ne fait pas avancer, au contraire, cela détruit. Lorsqu’on devient dépendant, cela empêche même de faire d’autres choses positives dans la vie. Et parfois, cela ouvre la porte à d’autres dérives que nous connaissons tous ».
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes se retrouvent dans des situations de consommation de drogues dans certains quartiers. Ce n’est pas bon.
J’ai déjà travaillé avec les forces de l’ordre sur ces questions. Il faut que cela cesse, car cela ne nous arrange pas en tant que société.
(AIP)
gso/fmo
Interview réalisée par Sylvain Olympio Gonety
Chef du bureau régional de Yamoussoukro

