Niakara, 07 mai 2026 (AIP) – Culture résiliente et génératrice de revenus durables, l’anacarde, issu de l’anacardier (Anacardium occidentale), s’impose progressivement comme un pilier du développement agricole dans le département de Niakara et ses localités environnantes, notamment à Tafiré et Tortiya, où les producteurs, dans un entretien avec l’AIP, mardi 05 et mercredi 06 mai 2026, ont salué les nombreux avantages économiques et environnementaux de cette plante issue de l’Amérique du Sud.
Adapté aux zones tropicales sèches et sahéliennes, l’anacardier prospère avec une pluviométrie comprise entre 600 et 1000 mm par an et des températures oscillant entre 25 et 35 °C, a indiqué un technicien agricole mercredi 06 mai 2026 à Niakara. Peu exigeant en intrants, il s’accommode de sols sablonneux bien drainés et entre en production dès la troisième ou quatrième année, avec un rendement optimal atteint entre sept et 10 ans.
À Tafiré, Salimata Sanogo (63 ans), exploitante agricole, témoigne de la rentabilité de cette culture. « J’ai commencé avec un hectare, il y a huit ans. Aujourd’hui, je récolte plus d’une tonne de noix par campagne. Même avec les prix actuels, cela me permet de subvenir aux besoins de ma famille et de financer la scolarité de mes enfants », confie-t-elle.
À Tortiya, ancienne zone minière en reconversion agricole, Ouattara Awa met en avant la résilience de l’anacardier face aux aléas climatiques. « Même quand les pluies sont irrégulières, les arbres tiennent bon. C’est une culture sûre », explique-t-elle.
Dans la localité de Niakara, Thibault Kélo Koné, insiste sur les bénéfices agroforestiers de l’anacarde. « Je cultive le gingembre et l’ananas entre les rangées d’anacardiers. Cela me permet d’optimiser l’espace et d’avoir des revenus complémentaires en attendant la pleine production des arbres », souligne-t-il.
Au titre de la campagne de commercialisation 2026, le gouvernement ivoirien a fixé le prix bord champ du kilogramme de noix de cajou bien triées et bien séchées à 400 FCFA, soit une baisse de 25 FCFA par rapport à la campagne précédente. Malgré cette légère diminution, les producteurs continuent de considérer l’anacarde comme une culture rentable au regard de ses rendements et de la demande soutenue sur les marchés.
Au-delà de la commercialisation des noix, très prisées à l’export, l’anacardier pourrait offrir des débouchés variés, notamment à travers une transformation locale accrue et la valorisation de la pomme de cajou en jus, vin ou compote. Arbre mellifère, il contribue également au développement de l’apiculture et participe à la régénération des sols grâce à son feuillage abondant.
Des techniciens agricoles recommandent toutefois l’utilisation de plants greffés pour améliorer les rendements et encouragent la structuration des producteurs en coopératives afin de mieux accéder aux marchés et aux unités de transformation existantes.
Face aux défis climatiques et économiques, l’anacarde apparaît ainsi comme une alternative durable pour les producteurs du Hambol, alliant sécurité alimentaire, revenus stables et préservation de l’environnement.
(AIP)
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