Abidjan, 13 mai 2026 (AIP)- Le Syndicat national des infirmiers et infirmières diplômés de Côte d’Ivoire (SIIDE-CI) réclame l’adoption d’un statut particulier pour les professionnels infirmiers, estimant que la reconnaissance de leur rôle dans le système de santé ivoirien doit s’appuyer sur un cadre juridique et institutionnel adapté, distinct du statut général de la Fonction publique.
Cette revendication a été formulée par le secrétaire général national du SIIDE-CI, Jean Marie Kongoué, dans une déclaration transmise à l’AIP mardi 12 mai 2026, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des infirmières.
« Ce n’est pas une question de privilège. Ce que nous réclamons, c’est une reconnaissance à la hauteur de ce que la profession apporte à la société. Et cette reconnaissance passe nécessairement par un cadre juridique et institutionnel adapté », a déclaré M. Kongoué.
Selon lui, le statut particulier revendiqué concerne plusieurs aspects de la profession. Le syndicat plaide notamment pour la création d’un corps spécifique des infirmiers au sein de la Fonction publique ivoirienne, avec une grille indiciaire propre, des mécanismes d’avancement clairement définis et une retraite anticipée tenant compte de la pénibilité du métier.
Le SIIDE-CI demande également une revalorisation salariale prenant en compte les compétences, les responsabilités et les diplômes des infirmiers, ainsi que l’instauration de primes spécifiques pour les postes difficiles, les zones reculées, les services d’urgence et les unités à haute technicité.
« La comparaison avec d’autres corps de l’État exerçant des responsabilités équivalentes impose cette révision », a soutenu le secrétaire général du syndicat.
Le SIIDE-CI appelle, en outre, à la mise en place d’un plan national de formation continue destiné aux infirmiers. Pour le syndicat, l’évolution constante des techniques médicales exige un renforcement régulier des compétences professionnelles.
« Nos collègues ont le droit et le devoir d’être formés tout au long de leur carrière. Ce plan doit être financé, structuré et accessible à l’ensemble des infirmiers, quel que soit leur lieu d’affectation », a insisté M. Kongoué.
Le responsable syndical a jugé « inadmissible » qu’un infirmier diplômé d’État, formé durant au moins trois années et assumant des responsabilités vitales, demeure soumis à des classifications administratives qu’il estime dépassées au regard des exigences actuelles du métier.
S’adressant aux ministères de la Santé et de la Fonction publique, le SIIDE-CI a appelé à l’ouverture de discussions autour des préoccupations de la profession, tout en réaffirmant son attachement au dialogue social.
Le syndicat considère les infirmiers comme « la colonne vertébrale du système de santé ivoirien » et estime urgent d’apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par la profession.
Jean Marie Kongoué a enfin rappelé que plusieurs pays africains, notamment le Maroc, le Sénégal, la Tunisie et le Rwanda, disposent déjà d’un statut spécifique pour les professionnels infirmiers.
(AIP)
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