Abidjan, 1er juin 2026 (AIP)- Des experts, représentants de la société civile, juristes, leaders d’organisations féminines et professionnels des médias ont pris part, le 28 mai à Abidjan, à un atelier de plaidoyer consacré à l’intégration du genre et des droits des femmes dans le processus de réforme du Code minier ivoirien, à l’initiative de l’Organisation pour la Prévention, l’Environnement, la Santé, l’Éducation et l’Agriculture-Vie (OPESEA-Vie).
Organisée avec l’appui technique et financier de Urgent Action Fund Africa (UAF-Africa), cette rencontre visait à élaborer un mémorandum de référence contenant des propositions d’amendements destinées à renforcer la prise en compte des droits des femmes dans le futur cadre juridique du secteur minier, selon une note d’information transmise à l’AIP.
Les participants ont travaillé à l’identification des impacts des activités minières sur les femmes vivant dans les zones d’exploitation, à l’analyse des insuffisances du projet de réforme en matière de genre et à la formulation de recommandations à soumettre aux autorités compétentes.
Le conseiller technique du secrétaire exécutif du Conseil national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), Angoua N’Zebo Armand-Fabrice, a souligné l’importance du secteur extractif pour l’économie ivoirienne tout en relevant les défis persistants liés à l’inclusion sociale et à l’égalité de genre.
Selon lui, les femmes des communautés minières restent confrontées à un accès limité aux opportunités économiques, à une faible représentation dans les instances de décision et à une plus grande vulnérabilité face aux conséquences environnementales et sociales de l’exploitation minière.
Il a estimé que l’élaboration d’un mémorandum de plaidoyer constitue une étape importante vers l’adoption d’un Code minier plus inclusif, garantissant une meilleure égalité des chances et une participation accrue des femmes à la gouvernance du secteur.
Intervenant au nom d’OPESEA-Vie, la vice-présidente de l’organisation, Mariétou Sylla, a mis en avant les difficultés rencontrées par les femmes dans les localités minières, notamment la réduction de l’accès aux terres arables, les effets environnementaux sur leur santé et les obstacles à l’accès aux emplois qualifiés.
« Malgré leur rôle central dans l’économie locale, les femmes sont souvent les premières à subir les effets négatifs de l’exploitation minière et les dernières à bénéficier des retombées économiques », a-t-elle déclaré.
Mme Sylla a indiqué que l’initiative vise à faire inscrire explicitement dans le futur Code minier des dispositions favorisant l’équité de genre et la protection des droits des femmes. Parmi les propositions évoquées figurent l’instauration d’un quota minimal de 30 % de femmes dans les instances locales de gouvernance du secteur et la mise en place de mécanismes transparents de redistribution des revenus miniers.
Les conclusions de l’atelier alimenteront un mémorandum qui sera transmis aux autorités et aux parties prenantes de la réforme afin de contribuer à l’émergence d’un secteur minier plus inclusif et respectueux des droits des femmes.
(AIP)
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