Abidjan, 1er juin 2026 (AIP) – L’Initiative Faso Vérité et Gouvernance (IF-VEG) a exprimé, samedi 30 mai 2026 lors d’une conférence de presse tenue à Abidjan, ses préoccupations face à une série d’événements récents au Burkina Faso, qu’elle juge préoccupants pour les libertés fondamentales et la gouvernance démocratique.
Mandaté par le président de l’organisation, Oumar Coulibaly ainsi que par le Directoire, le chargé de communication, Moussa Mahamadou Nazirou, a présenté trois faits majeurs ayant retenu l’attention de l’Initiative. Il s’agit de l’interpellation de l’imam Dr Mohamed Ishaq Kindo, de la suspension du syndicat des étudiants et de la fermeture de la Grande Mosquée sunnite de Ouagadougou.
Selon l’IF-VEG, ces faits soulèvent des interrogations légitimes sur l’évolution de l’espace civique, des libertés publiques et de la liberté d’expression au Burkina Faso. L’organisation indique que l’imam Mohamed Ishaq Kindo a été interpellé après avoir exprimé publiquement des réserves sur une loi relative à l’encadrement des libertés religieuses. Pour l’Initiative, cette situation constitue un signal préoccupant quant à la liberté d’opinion des citoyens sur les textes régissant la vie publique.
S’agissant de la suspension du syndicat des étudiants, l’IF-VEG estime qu’elle prive une frange importante de la jeunesse burkinabè d’un cadre légal d’expression et de représentation. Elle a, par ailleurs, exprimé sa solidarité à l’endroit des étudiants interpellés, tout en appelant au respect des garanties judiciaires et des libertés fondamentales.
Concernant la fermeture de la Grande Mosquée sunnite de Ouagadougou, l’Initiative considère que cette décision soulève des préoccupations liées à la liberté de culte et à la diversité religieuse dans l’espace public.
Sur la loi encadrant les libertés religieuses, l’IF-VEG plaide pour un examen approfondi des dispositions contestées et appelle à un dialogue inclusif impliquant acteurs religieux, société civile, juristes et citoyens, afin de garantir un équilibre entre impératifs sécuritaires et respect des droits fondamentaux.
Réaffirmant son attachement à l’État de droit et à la gouvernance démocratique, l’Initiative a exhorté les autorités de transition burkinabè à accélérer le processus de retour à l’ordre constitutionnel. Elle a également appelé à la mise en place d’un calendrier « clair, consensuel et crédible » devant conduire à l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives.
L’IF-VEG estime que la stabilité durable et la paix sociale reposent sur un processus politique fondé sur la légitimité populaire, le dialogue national et le respect des libertés fondamentales. Elle a encouragé l’ensemble des acteurs à privilégier des solutions pacifiques et démocratiques face aux défis actuels.
Enfin, l’organisation a lancé un appel à la communauté nationale et à la diaspora burkinabè pour soutenir toute initiative favorisant la réconciliation, la cohésion sociale et le retour à une gouvernance pleinement constitutionnelle.
Mouvement apolitique et indépendant, l’IF-VEG est engagé dans l’observation des dynamiques sociopolitiques, l’alerte citoyenne et la promotion de la bonne gouvernance, tant au Burkina Faso que dans l’ensemble de la région sahélienne.
(AIP)
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