Agnibilékrou, 6 juin 2026 (AIP) – Une conférence sur les liens entre tradition, agriculture et climat a marqué, vendredi, 5 juin 2026 la cinquième édition du festival culturel et agricole de l’Indénié-Djuablin (FECAD), avec un plaidoyer en faveur de la complémentarité entre savoirs traditionnels et innovations scientifiques pour faire face aux défis environnementaux.
Animant une communication sur le thème « Comment les populations Agni appréhendent-elles le triptyque Tradition-Agriculture-Climat ? », le conférencier, Gui Gba, a mis en lumière la contribution des connaissances ancestrales à la préservation de l’environnement et au développement agricole durable.
Selon lui, les sociétés Agni s’appuyaient autrefois sur l’observation de la nature pour anticiper les saisons et orienter les activités agricoles. Cependant, ces repères sont aujourd’hui perturbés par les effets du changement climatique.« Quand la forêt tousse, le champ s’enrhume », a-t-il illustré, soulignant l’interdépendance entre la forêt, les précipitations et la production agricole.
Pour le conférencier, la baisse des pluies entraîne une diminution des rendements agricoles, avec des répercussions directes sur les revenus des populations et le développement local. « Pas de pluie, pas de récolte ; pas de récolte, pas de gains ; pas de gains, pas de développement », a-t-il résumé.
M. Gba a également relevé le rôle des espaces sacrés dans la conservation de l’écosystème local. Le bois sacré et la réserve de Boussoumakié, d’une superficie d’environ 22 000 hectares, constituent, selon lui, d’importants réservoirs de biodiversité et de ressources phytothérapeutiques. De même, les interdits traditionnels liés au défrichement des berges de la Bia et de ses affluents contribuent à la protection des sols, des cours d’eau et du couvert forestier.
Abordant les réponses modernes aux enjeux climatiques, il a cité le projet Climatrice, mis en œuvre dans plusieurs localités du département, qui favorise une meilleure gestion de l’eau et des pesticides.
Pour lui, la solution réside dans une approche conciliant héritage culturel et innovation technologique. « Tradition et science, et non tradition contre science », a-t-il insisté, estimant que les valeurs culturelles locales peuvent utilement compléter les avancées scientifiques.
« La culture et la tradition ne sont pas passéistes, car l’innovation peut constituer une partie de la solution aux problèmes actuels », a conclu M. Gui Gba, invitant les populations à s’approprier cette vision pour bâtir un développement harmonieux, inclusif et durable.
(AIP)
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