San Pedro, 14 juin 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire a testé sa capacité de réaction face à une catastrophe environnementale majeure à travers un exercice grandeur nature du plan POLLUMAR, organisé du vendredi 12 au samedi 13 juin 2026 dans la région de San Pedro, en vue de renforcer la protection du littoral contre les risques de marées noires et de pollutions marines accidentelles.
Cette 12ᵉ édition du Plan d’urgence de lutte contre les pollutions accidentelles en mer, dans les lagunes et les zones côtières (POLLUMAR) a permis de mettre à l’épreuve les mécanismes nationaux de prévention, de coordination et d’intervention face à une pollution maritime de grande ampleur susceptible d’affecter les écosystèmes marins, les activités de pêche, le tourisme ainsi que les populations riveraines.
L’exercice a été conduit à partir de trois postes de commandement opérationnels (PCO), dont un poste central installé à Grand-Béréby et deux postes avancés à San Pedro et à Tabou. Ces centres de coordination regroupaient plusieurs cellules spécialisées chargées notamment de la communication de crise, de la planification des opérations, de l’intervention sur le terrain et de la logistique.
Le scénario simulé portait sur le déversement continu de 1.657 T de pétrole brut à la suite d’une collision entre deux navires, survenue dans la nuit du jeudi 11 juin 2026, aux environs de 00h 35, dans une zone maritime située près de la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Libéria.
Selon les hypothèses retenues, les courants marins, les vents dominants du sud-ouest et l’intensité du trafic maritime favorisaient la progression de la nappe d’hydrocarbures vers les côtes ivoiriennes, faisant peser une menace sur les plages et les zones côtières de Tabou, Grand-Béréby et San Pedro.
Depuis le poste de commandement central de Grand-Béréby, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a reçu le rapport d’alerte transmis par le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), avant de déclencher officiellement le plan POLLUMAR.
Dans un communiqué de crise diffusé dans le cadre de la simulation, le ministre a présenté les risques liés à cet accident maritime, notamment les impacts potentiels sur les ressources halieutiques, la biodiversité marine, la santé des populations, les activités touristiques et l’économie du littoral.
Il a indiqué que le volume d’hydrocarbures déversé, supérieur à 100 T, correspondait à une pollution de niveau 3, soit le niveau le plus élevé de gravité prévu par le dispositif national. Cette situation justifiait la mobilisation de l’ensemble des structures concernées, conformément au décret du 28 février 1998 portant organisation du plan POLLUMAR.
À la suite de cette décision, les différents services impliqués ont procédé à l’activation de leurs procédures d’urgence, à la coordination des opérations de lutte et au déploiement des moyens humains et matériels prévus pour contenir et limiter les effets de la pollution.
L’exercice a également permis de tester la circulation de l’information entre les différents centres de commandement, la réactivité des acteurs institutionnels ainsi que la coordination entre les services nationaux et les partenaires internationaux mobilisés dans le cadre de la gestion d’une pollution marine transfrontalière.

Au terme des opérations, le ministre Abou Bamba s’est félicité du bon déroulement de l’exercice et de l’engagement des différents intervenants.
« Cet exercice démontre que la Côte d’Ivoire dispose de compétences techniques, de ressources humaines qualifiées et de moyens opérationnels capables de répondre efficacement à une situation de pollution marine majeure », a-t-il déclaré.
La journée du samedi 13 juin a été consacrée à l’évaluation des opérations menées, aux séances de débriefing et à la formulation de recommandations destinées à améliorer davantage les capacités nationales de préparation et de réponse aux pollutions accidentelles.
L’exercice a réuni plusieurs partenaires internationaux, notamment des experts européens de l’Organisation maritime internationale (OMI) intervenant dans le cadre du programme GI WACAF, ainsi que des représentants de plusieurs pays du Golfe de Guinée venus partager leurs expériences en matière de lutte contre les pollutions marines.
Avant la phase pratique, un atelier de renforcement des capacités des différentes parties prenantes avait été organisé à l’Université polytechnique de San Pedro afin d’harmoniser les procédures d’intervention et de consolider les connaissances des acteurs engagés dans le dispositif.
La 12ᵉ édition du Plan POLLUMAR était placée sous le thème « Responsabilité civile et indemnisation des dommages dus à une pollution marine transfrontalière de niveau 3 par les hydrocarbures dans la zone maritime ouest de la Côte d’Ivoire ».
(AIP)
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