Abidjan, 14 juin 2026 (AIP) – La croissance de l’économie mondiale devrait ralentir à 2,5 % en 2026, son niveau le plus faible depuis la pandémie de COVID-19, sous l’effet des répercussions du conflit au Moyen-Orient qui provoque une flambée des prix de l’énergie, une résurgence de l’inflation et un renchérissement des coûts d’emprunt, selon les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par le Groupe de la Banque mondiale.
Le rapport souligne que les tensions géopolitiques dans la région, notamment les perturbations provoquées par la fermeture du détroit d’Ormuz, ont fortement déstabilisé les marchés énergétiques mondiaux. Dans ce contexte, le prix moyen du pétrole Brent devrait atteindre 94 dollars le baril en 2026, soit une hausse de 36 % par rapport à l’année précédente.
Cette situation devrait entraîner une remontée de l’inflation mondiale à 4 %, contre 3,3 % en 2025, alimentée également par la hausse attendue des prix des engrais et des denrées alimentaires.
« Les pays en développement font face à une succession de chocs depuis une décennie. L’enjeu est de protéger les populations tout en préservant les perspectives de croissance et d’emploi », a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga.
Selon les prévisions, près des deux tiers des économies mondiales verront leurs perspectives de croissance revues à la baisse cette année. Les économies en développement seront particulièrement touchées, avec une croissance attendue de 3,6 % en 2026 contre 4,4 % en 2025, soit leur niveau le plus faible depuis la sortie de la crise sanitaire.
L’Afrique subsaharienne n’échappe pas à cette tendance. La région devrait enregistrer un ralentissement de son activité économique sous l’effet de la hausse persistante de l’inflation, notamment celle des produits alimentaires, conséquence du renchérissement des engrais et des contraintes d’approvisionnement.
La Banque mondiale met également en garde contre un scénario plus défavorable. En cas d’aggravation des perturbations énergétiques et de tensions financières accrues, la croissance mondiale pourrait chuter à seulement 1,3 % en 2026, tandis que l’inflation atteindrait 4,4 %.
Face à ces risques, l’institution de Bretton Woods a annoncé la mobilisation immédiate de 50 à 60 milliards de dollars pour soutenir les pays en développement confrontés aux effets de la crise. Ces ressources serviront notamment à financer les programmes de protection sociale, à renforcer les capacités budgétaires des États et à soutenir les entreprises ainsi que les exploitations agricoles.
Le rapport appelle par ailleurs les pays exportateurs de matières premières à renforcer leurs mécanismes de gestion budgétaire afin de mieux faire face à la volatilité des cours mondiaux. Il recommande également une maîtrise de l’endettement public, qui dépasse désormais 70 % du PIB dans de nombreuses économies en développement, contre moins de 40 % en 2010.
Pour l’économiste en chef adjoint de la Banque mondiale, Ayhan Kose, la crise actuelle doit être perçue comme une opportunité d’accélérer les réformes structurelles, d’améliorer le climat des affaires et de mobiliser davantage de capitaux privés pour soutenir la croissance et la création d’emplois.
(AIP)
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