Abidjan, 21 sept 2026 (AIP)- Au total, 18 personnes inculpées dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, dans sa résidence privée à Port-au-Prince, ont été extradées dimanche 20 septembre 2026 vers les États-Unis, où elles doivent comparaître devant la justice fédérale en Floride.
Pour certains observateurs qui suivent ce dossier, ces extraditions constituent une nouvelle étape importante dans le volet américain de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, où plusieurs condamnations ont déjà été prononcées, alors qu’en Haïti, cinq ans après les faits, la justice n’a toujours pas organisé de procès majeur.
Le président Jovenel Moïse, âgé de 53 ans, avait été abattu par un commando armé dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 dans sa résidence privée à Port-au-Prince sans que ses gardes du corps n’interviennent. Sa mort avait encore aggravé le chaos dans le pays le plus pauvre des Amériques, qui n’a pas connu d’élection depuis 2016 et n’a plus de président depuis cet assassinat.
Un ancien cadre de l’unité de lutte contre la corruption, Joseph Félix Badio, fait partie des 18 personnes transférées. Il est considéré comme l’un des principaux suspects dans cette affaire. Les 17 autres sont des ressortissants colombiens, selon des sources haïtiennes.
Le ministère colombien des Affaires étrangères a confirmé dimanche suivre « le transfert de 17 citoyens colombiens depuis la République d’Haïti vers les États-Unis », précisant ne pas être directement impliqué dans le processus.
Ces extraditions interviennent alors que l’enquête haïtienne reste inachevée et soulèvent aussi des interrogations : quelle place pour la justice haïtienne ? Dans quelles conditions des personnes inculpées en Haïti sont-elles transférées vers les Etats-Unis avant d’avoir été jugées ici ?
Des interrogations qui demeurent, même si le traité d’extradition entre Haïti et les États-Unis prévoit la remise de personnes accusées ou condamnées pour certains crimes et sous certaines conditions.
Parallèlement, à Montréal, au Canada, les recherches menées par les autorités ont conduit à l’arrestation, ce dimanche d’un ancien contractuel au consulat général d’Haïti à Montréal, d’Ashkard Pierre Joseph. Il est présenté comme associé au pasteur Christian Emmanuel Sanon, lui-même détenu dans le cadre de cette affaire aux États-Unis.
D’autres personnes sont toujours recherchées par la police.
(AIP)
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