Abidjan, 16 sept 2026 (AIP) – Le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a fait mercredi 16 septembre 2026 à Abidjan, le point sur l’enquête ouverte après les démolitions survenues le 3 juin au quartier Campement, à Koumassi, affirmant que l’opération n’était pas couverte par la décision de justice invoquée pour la justifier.
Lors d’une conférence de presse tenue au Tribunal de première instance du Plateau, M. Koné a indiqué que les vérifications effectuées avaient établi que la décision de justice invoquée par Alloui Brou Jacques n’autorisait pas la destruction de constructions. Selon lui, la demande introduite par ce dernier auprès du tribunal portait sur l’expulsion des occupants et la démolition de cinq habitations précises, et non sur l’ensemble du site.
« À la suite de ces événements, le nommé Alloui Brou Jacques avait affirmé sur les réseaux sociaux agir en vertu d’une décision de justice. Cependant, les vérifications ont démontré que le document invoqué n’autorisait, en aucun cas, la destruction de constructions », a déclaré le procureur.

Alloui Brou Jacques a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de l’ouverture d’une information judiciaire, le 29 juin. Il fait l’objet d’auditions et d’interrogatoires dans le cadre de la procédure. Le parquet avait annoncé l’ouverture de l’enquête le 10 juin, à la suite des démolitions.
Sur le plan foncier, le site concerné s’étend sur plus de six hectares et comprend 250 lots répartis sur sept îlots. Le procureur a indiqué que 28 lots disposent d’un arrêté de concession définitive (ACD), quatre d’un titre de pleine propriété, huit font l’objet d’un titre foncier au nom de l’État et cinq procédures de morcellement sont en cours.
Le procureur a également évoqué l’implication présumée de plusieurs personnes dans l’opération. Selon ses déclarations, le ministre-gouverneur du district autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahima Bacongo, a expliqué aux enquêteurs que les démolitions avaient été ordonnées dans le cadre du plan ORSEC (Organisation de secours en cas de catastrophe). Le parquet cherche notamment à déterminer si ce dispositif d’urgence pouvait légalement être invoqué dans les circonstances de l’opération.
Concernant le député de Gouméré-Tabagne, le procureur a indiqué qu’il est soupçonné d’avoir coordonné et principalement financé l’opération. La doyenne des juges d’instruction a demandé au procureur général de saisir l’Assemblée nationale en vue d’une éventuelle levée de son immunité parlementaire.
Le procureur a assuré que les investigations se poursuivent afin d’établir les responsabilités et de permettre à la justice de statuer conformément au droit.
(AIP)
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