Abidjan, 14 oct 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire entend renforcer sa stratégie de lutte contre la peste des petits ruminants (PPR), une maladie qui menace un cheptel estimé à plus de huit millions de têtes, à travers la révision et la validation technique de son Plan national stratégique de contrôle et d’éradication (PNS-PPR 2024-2031), afin de disposer d’un programme opérationnel assorti d’un budget et de sources de financement clairement identifiées.
L’objectif a été présenté mercredi 14 octobre 2026, à Abidjan, par le directeur des services vétérinaires et du bien-être animal, Dr Kallo Vessaly, représentant le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, à l’ouverture d’un atelier technique national de revue du plan, organisé par la direction des services vétérinaires et du bien-être animal (DSV-BA) qui se déroule jusqu’au 16 octobre à l’hôtel Onomo.
« Il ne s’agit pas d’élaborer un nouveau plan, mais de consolider le travail accompli », a précisé Dr Kallo Vessaly, appelant les participants à élaborer un document fondé sur des données fiables, dans lequel chaque activité est associée à un résultat mesurable, chaque coût justifié et chaque source de financement identifiée.

Il a souligné que la réussite de la stratégie dépend notamment de la disponibilité de financements prévisibles et durables, rappelant que les campagnes menées en 2022 et 2023, avec l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA) et de la coopération suisse, ont permis de vacciner près de 1,4 million de petits ruminants dans dix régions du pays.
Dr Kallo a indiqué que la PPR constitue une menace importante pour les moyens de subsistance des populations rurales, particulièrement les femmes et les jeunes, qui dépendent largement de l’élevage des ovins et des caprins. La maladie fragilise également les efforts nationaux en faveur de la souveraineté alimentaire et du développement de la production animale.
Représentant le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), la coordonnatrice régionale de l’éradication de la PPR en Afrique de l’Ouest, Dr Perdita Hilary Lopes, a insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique, de cibler les campagnes de vaccination et d’assurer le suivi post-vaccinal pour mesurer leur efficacité.
Elle a également plaidé pour une stratégie réaliste, précisant les responsabilités des différents acteurs et les ressources nécessaires à sa mise en œuvre. Elle a réaffirmé la disponibilité de l’UA-BIRA à accompagner la Côte d’Ivoire par un appui technique et une coordination régionale.
Le directeur exécutif de l’Organisation interprofessionnelle agricole des petits ruminants de Côte d’Ivoire (InterPRu), Dr Méité Inza, a également appelé à un soutien accru des pouvoirs publics et des partenaires financiers aux campagnes de vaccination. Il a souligné que la protection du cheptel national est nécessaire pour consolider la production locale et contribuer à l’approvisionnement des marchés ivoiriens et des pays de l’hinterland.
La Côte d’Ivoire occupe une place particulière dans la lutte mondiale contre cette maladie, décrite pour la première fois dans le monde sur son territoire en 1942. Abidjan a également accueilli, en 2015, l’adoption de la stratégie mondiale d’éradication de la PPR.
Cette maladie peut provoquer des taux de mortalité élevés dans les troupeaux, mais des vaccins efficaces existent. Ainsi, une couverture vaccinale suffisante, soutenue par une mobilisation des éleveurs, des services vétérinaires, des partenaires techniques et financiers et des décideurs publics, constitue un levier essentiel pour parvenir à son élimination.
(AIP)
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