Abidjan, 13 oct 2026 (AIP) – Une publication virale sur les réseaux sociaux attribue au ministre burkinabè de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, des propos annonçant l’interdiction de la musique ivoirienne dans les bars, maquis et boîtes de nuit du Burkina Faso, sur instruction du président Ibrahim Traoré. La vérification des sources officielles et des publications médiatiques établit que cette affirmation ne repose sur aucun élément probant. Elle semble détourner une initiative réelle de promotion de la musique burkinabè pour lui donner le sens d’une mesure d’interdiction visant les productions étrangères.
Fait
Un visuel largement relayé sur les réseaux sociaux présente une photographie de Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, accompagnée de la citation suivante :
« Nous allons interdire la musique ivoirienne de jouer dans nos bars, maquis et boîtes de nuit. C’est une décision du camarade Ibrahim Traoré, président du Faso. »
Le montage attribue ces propos au ministre et laisse entendre qu’une décision officielle aurait été prise pour empêcher la diffusion de la musique ivoirienne dans les établissements de loisirs au Burkina Faso.
Verdict : Faux. Aucune source officielle consultée ne confirme l’existence d’une décision interdisant la diffusion de la musique ivoirienne dans les bars, maquis et boîtes de nuit du Burkina Faso. Les faits documentés portent plutôt sur une campagne de sensibilisation visant à promouvoir les œuvres musicales burkinabè.
Texte
La publication diffusée sur la page Facebook Daloa Housse CI affirme : « 10/10/2026 ’’ Nous allons interdire la musique ivoirienne de jouer dans nos bars, maquis et boîtes de nuit. C’est une décision du camarade Ibrahim Traoré, président du Faso.. ‘’ Ouedraogo Gilbert Ministre de la communication ».
Au moment de la rédaction de cet article, la publication totalisait environ 330 mentions « J’aime », plus de 850 commentaires et une soixantaine de partages.
Cette publication a suscité des réactions d’internautes, dont certains ont cru à tort à cette fausse information.

Vérification
La vérification à partir de Google image a permis de savoir que cette publication intervient dans un contexte marqué par les initiatives des autorités burkinabè en faveur de la valorisation de la production culturelle nationale. En avril 2026, le ministre chargé de la Culture s’est notamment rendu dans un maquis à Bobo-Dioulasso pour encourager les responsables d’établissements et les disc-jockeys à accorder davantage de place aux artistes burkinabè dans leurs programmations musicales.
Cette initiative, présentée par les autorités comme une action de promotion du « consommer local », a été relayée par plusieurs médias ( 1 ; 2 ; 3 ). Toutefois, les informations publiées à cette occasion ne font état d’aucune interdiction ciblant la musique ivoirienne.
La publication virale transforme ainsi une démarche de promotion culturelle en une prétendue mesure d’exclusion visant les productions d’un pays voisin.
Dans un article publié le 13 avril 2026, le Service d’information du gouvernement (SIG) du Burkina Faso rapporte que Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a effectué, le vendredi 10 avril 2026, une visite dans un maquis de Bobo-Dioulasso.
Selon cette source officielle, le ministre avait constaté l’absence presque totale de musique burkinabè dans la programmation diffusée dans l’établissement. Il a alors interpellé le gérant sur la nécessité de contribuer à la valorisation des productions musicales nationales.
Le ministre a invité les promoteurs d’espaces culturels à intégrer une part importante de musique burkinabè dans leurs programmations. Le compte rendu gouvernemental précise également que le Burkina Faso demeure ouvert aux cultures étrangères.
Cette démarche relève donc de la promotion de la production culturelle nationale et non d’une interdiction visant spécifiquement la musique ivoirienne.
Dans un article publié le 15 avril 2026, le Faso Amazone rapporte que l’Union nationale des artistes musiciens a salué l’implication du ministre dans la valorisation de la musique nationale.
L’article du Faso Amazone décrit une initiative destinée à soutenir les artistes nationaux, à encourager la création et à renforcer le rayonnement de la culture burkinabè. Il ne rapporte aucune décision d’interdire les productions musicales ivoiriennes.
La photographie diffusée dans le montage représente Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, dont l’identité et la fonction sont confirmées par le site officiel du ministère burkinabè chargé de la Communication , de la Culture, des Arts et du Tourisme.
Selon la vérification de l’image effectuée à l’aide de Google Images, cette photographie a également servi à illustrer le message du ministre à l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, célébrée le dimanche 27 septembre 2026.
La consultation des publications officielles et des comptes rendus médiatiques (1 ; 2 ; 3) relatifs à l’initiative d’avril 2026 permet de documenter un appel à promouvoir la musique burkinabè. Elle ne permet pas d’établir l’existence d’une décision interdisant la diffusion de la musique ivoirienne dans les établissements de loisirs.

Conclusion
La publication attribuant au ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo une décision d’interdire la musique ivoirienne dans les bars, maquis et boîtes de nuit du Burkina Faso est fausse au regard des éléments vérifiés. Les sources officielles et médiatiques consultées documentent une initiative de promotion de la musique burkinabè, sans établir l’existence d’une interdiction visant les œuvres ivoiriennes.
Le visuel associe une photographie authentique du ministre à une fausse citation. Il constitue donc un contenu trompeur qui transforme une initiative de valorisation culturelle en une prétendue mesure de censure.
Il est essentiel de rechercher la source originale d’une déclaration attribuée à une personnalité publique et de la confronter aux communiqués officiels ainsi qu’aux informations publiées par des médias fiables avant toute diffusion.
(AIP)
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