Abidjan 15 oct 2026 (AIP) – Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (MINETE), à travers la Direction de l’économie verte et de la responsabilité sociétale des organisations, a lancé jeudi 15 octobre 2026 à Abatta, une campagne de sensibilisation des communautés villageoises de Bingerville à l’écoresponsabilité rurale, avec Abatta comme site pilote.
Cette initiative vise à encourager l’adoption de pratiques responsables en matière de production et de consommation, de gestion des ressources naturelles et de préservation de l’environnement.
La campagne entend notamment promouvoir l’agriculture durable et l’agroécologie, la gestion communautaire des terres et de l’eau, ainsi que la formation de 50 jeunes déscolarisés aux métiers du recyclage et de la valorisation des déchets.
Lors de cette activité, le directeur de l’Économie verte et de la Responsabilité sociétale des organisations, Dr Didier Gbocho a appelé les populations d’Abatta à adopter des comportements respectueux de l’environnement afin de préserver les ressources naturelles au bénéfice des générations futures.
« Nous devons changer nos comportements et notre façon de faire, notamment dans l’exploitation des terres et des ressources en eau », a-t-il déclaré, soulignant le rôle de l’économie verte dans la lutte contre la dégradation de l’environnement.
S’appuyant notamment sur le récit biblique de la Genèse, il a rappelé la responsabilité de l’homme dans la préservation de la terre. Il a déploré la destruction des forêts, la raréfaction de certaines ressources naturelles et la pollution des eaux, qui fragilisent les écosystèmes et les moyens de subsistance des communautés.
Il a notamment relevé la diminution progressive de produits forestiers autrefois abondants, tels que les champignons et les ignames sauvages, sous l’effet de la pression agricole et de la dégradation des milieux naturels.
Le responsable a également alerté sur la pollution des rivières, des marigots et des lagunes, évoquant notamment les conséquences de l’orpaillage clandestin dans certaines localités. Selon lui, les communautés qui ne pratiquent pas directement cette activité peuvent également subir ses effets sur les ressources en eau.
Évoquant la situation d’Abatta, il a insisté sur l’importance de la lagune Ébrié pour les populations, notamment pour la pêche, dans un contexte marqué par la pression de l’urbanisation sur les terres cultivables.
« Si les poissons disparaissent, les générations futures pourront-elles encore en disposer pour se nourrir ? », s’est-il interrogé, invitant les habitants à préserver les ressources halieutiques et à privilégier des pratiques durables.
Le sous-préfet de Bingerville, Zébri Lagou, a salué l’initiative du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique visant à sensibiliser les populations aux bonnes pratiques en matière de salubrité et de protection de l’environnement.
Il a exprimé sa gratitude au ministre, à la communauté villageoise d’Abatta ainsi qu’à la délégation mobilisée pour cette campagne de sensibilisation.
Selon lui, cette démarche revêt une importance particulière pour Abatta, village situé en bordure de la lagune Ébrié. Il a souligné que l’adoption de comportements responsables en matière d’hygiène et de propreté contribue à préserver la santé des populations et à leur garantir un cadre de vie sain et paisible.
La rencontre a également été marquée par des communications sur les enjeux fonciers, la préservation de la lagune et l’agroécologie, ainsi que par des débats publics. Des échanges ont aussi porté sur le tri et la valorisation des déchets plastiques, des épluchures et des effluents issus de la transformation du manioc.
Cette campagne intervient dans un contexte de pression croissante sur l’environnement dans le Grand Abidjan, où l’expansion urbaine contribue à l’artificialisation des sols, aux difficultés d’assainissement, à la pollution de la lagune Ébrié et à la perte de biodiversité.
À Bingerville, l’accumulation de déchets dans les rues et les caniveaux, les difficultés d’évacuation des eaux pluviales et usées ainsi que les risques d’inondation constituent des préoccupations environnementales. L’extension urbaine accentue également la pression sur les terres et favorise la récurrence des conflits fonciers.
À travers cette initiative, le ministère entend renforcer la mobilisation des communautés autour de la gestion durable des ressources naturelles et de la prévention des risques environnementaux.
(AIP)
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