Abidjan, 15 oct 2026 (AIP) – La fintech PUSH Côte d’Ivoire a officialisé, jeudi 15 octobre 2026 à Abidjan-Cocody, des partenariats avec la Banque nationale d’investissement (BNI), Ecobank Côte d’Ivoire, Versus Bank et Orange Money, en vue de renforcer la traçabilité des financements agricoles et de faciliter l’accès des producteurs à leurs revenus, dans un contexte marqué par les enjeux de modernisation et d’inclusion financière des filières agricoles.
Cette initiative vise notamment à mieux sécuriser les flux financiers, depuis le décaissement des crédits bancaires jusqu’au paiement des bénéficiaires, tout en favorisant une meilleure articulation entre les banques, les coopératives, les entreprises agricoles et les services de paiement numérique.
Pour le président-directeur général (PDG) de PUSH Côte d’Ivoire, Georges Abi Aad, cette démarche repose sur la complémentarité entre les acteurs financiers et technologiques. « Notre rôle n’est pas de nous substituer aux institutions financières, mais de renforcer leur capacité à servir l’économie réelle », a-t-il déclaré, soulignant la volonté de construire un écosystème financier plus intégré et accessible.
Selon lui, la digitalisation doit aller au-delà de la simple ouverture de comptes ou de l’exécution de paiements. Elle doit permettre aux producteurs de disposer d’une identité financière, de sécuriser leurs revenus et de faciliter progressivement leur accès à des services financiers adaptés à leurs besoins.
Le dirigeant de PUSH a également évoqué la possibilité d’étendre ce modèle à d’autres filières agricoles, notamment le coton, l’anacarde et l’hévéa, ainsi qu’à des pays de la sous-région intéressés par des dispositifs similaires.

Du côté des pouvoirs publics, le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Drissa Ouattara, a insisté sur l’importance de solutions numériques répondant aux réalités du terrain.
« Faciliter la réception des paiements, sécuriser le revenu et améliorer l’accès au financement », a-t-il relevé, estimant que ces avancées peuvent donner aux producteurs et aux coopératives davantage de moyens pour investir et préparer les campagnes agricoles suivantes.
Il a toutefois souligné que la réussite de cette transformation dépendra de la simplicité et de l’accessibilité des dispositifs, notamment pour les femmes et les jeunes qui contribuent à la production agricole. Il a ainsi appelé les partenaires à traduire leurs engagements en résultats concrets, à travers des paiements plus fiables, des financements mieux adaptés et un accompagnement de proximité.
Dans ce dispositif, les banques partenaires sont appelées à jouer un rôle déterminant dans la sécurisation des opérations. La digitalisation des flux doit permettre de suivre les financements depuis leur décaissement jusqu’à leur utilisation par les différents acteurs de la chaîne de valeur, notamment les entreprises, les exportateurs, les coopératives et les producteurs.
Pour Paul-Harry Aithnard, directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire et exécutif UEMOA, « le financement agricole doit aller au-delà du décaissement : il doit produire un impact concret sur l’ensemble des chaînes de valeur, jusqu’aux producteurs ».
Il considère la digitalisation et la traçabilité comme des leviers susceptibles de renforcer la confiance entre les acteurs, de mieux maîtriser les risques liés au financement agricole et de faciliter l’accès aux ressources financières.
La BNI apporte, pour sa part, ses infrastructures bancaires et de paiement au traitement sécurisé des opérations réalisées dans l’écosystème PUSH. Le partenariat avec Orange Money doit, quant à lui, permettre aux producteurs de relier leur compte de monnaie électronique à leur carte de producteur afin de recevoir directement leurs revenus sur leur compte.
Ce mécanisme pourrait également simplifier le suivi des versements pour les coopératives et faciliter l’utilisation des revenus par les bénéficiaires pour leurs dépenses courantes.

Créée en 2021, PUSH Côte d’Ivoire a consacré ses deux premières années à la mise en place de son infrastructure technologique et de son modèle opérationnel, avant de lancer son développement commercial en 2023.
Selon son PDG, la plateforme accompagne aujourd’hui plus de 700 000 comptes de particuliers et a enregistré plus de 20 millions de transactions, représentant des flux financiers de plus de 600 milliards de FCFA. Elle s’appuie sur un réseau de plus de 5 000 points de vente.
Dans le secteur agricole, la fintech indique avoir contribué, en qualité de partenaire technique du Conseil Café-Cacao, à l’ouverture de plus de 1,2 million de comptes de producteurs. Près de 3 000 coopératives agricoles disposent également d’un compte PUSH, selon les chiffres présentés par l’entreprise.
Ces réalisations reposent, d’après la société, sur le déploiement d’une infrastructure technologique et sur une connaissance des contraintes opérationnelles des projets agricoles de grande envergure.
Au-delà de ses activités auprès des particuliers, PUSH entend ainsi renforcer son intervention dans les circuits financiers des entreprises et des filières agricoles, avec l’objectif de relier les paiements, les services bancaires et les possibilités de financement.
(AIP)
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