Grand-Lahou, 15 oct 2026 (AIP)- La hausse du prix des tubercules de manioc sur l’île Avikam, principale zone d’approvisionnement de Grand-Lahou, affecte les activités des productrices d’attiéké et réduit leurs marges bénéficiaires, avec des répercussions sur les ménages, a constaté l’AIP jeudi 15 octobre 2026.
À Taboué, village situé dans la sous-préfecture de Yocoboué, dans le département de Guitry, la cherté de cette matière première préoccupe les femmes qui vivent principalement de la fabrication et de la vente d’attiéké. La présidente des femmes du village, Anne Kokouo, déplore le coût élevé des tubercules, dont l’approvisionnement dépend largement de l’île Avikam, dans le département de Grand-Lahou.
« Nous sommes confrontés au coût élevé de tonne de tubercules qui est de 240.000 francs CFA, ce qui est très élevé », a déclaré Mme Kokouo, évoquant les difficultés rencontrées par les productrices pour poursuivre leurs activités dans des conditions rentables.
Selon elle, la situation s’est aggravée au cours des trois dernières années, période durant laquelle le prix de la tonne de manioc a triplé. Cette hausse réduit, à l’en croire, les revenus des productrices d’attiéké. « Nous n’arrivons pas à faire de grands bénéfices », a-t-elle regretté.
Cette difficulté d’approvisionnement se ressent également sur la disponibilité de l’attiéké sur les marchés de Grand-Lahou, peut-on constater.
Le président des pêcheurs de Lahou-Kpanda, Alphonse Akadjé, évoque également les difficultés financières de certains ménages qui vivent de la production d’attiéké à assurer la scolarisation de leurs enfants.
Sur l’île Avikam, située à environ 45 km de Grand-Lahou, les producteurs font, eux aussi, face à des contraintes qui contribuent à la hausse du prix du manioc. À Badadon, dans la sous-préfecture d’Ebounou, le chef du village, Beugré Ambroise, met en cause le coût de la main-d’œuvre et les dépenses nécessaires à la mise en place des plantations.
« Pour préparer le terrain, acheter les boutures de manioc et entretenir un hectare de plantation de tubercules il faut dépenser 150 000 francs CFA », a indiqué le chef du village.
La pression sur cette production s’explique aussi par la forte demande. Selon M Beugré, des acheteurs effectuent le déplacement depuis Aboisso, Bonoua, Grand-Bassam, Abidjan et Yocoboué pour s’approvisionner en manioc sur l’île.
La concentration de cette production sur l’île Avikam renforce ainsi son importance dans l’approvisionnement des transformatrices de la région. L’occupation des terres arables par les cultures pérennes réduit les possibilités de trouver de nouveaux espaces pour cultiver le manioc, contribuant aux difficultés d’approvisionnement.
Entre coûts de production élevés, demande croissante et raréfaction des terres cultivables, la filière du manioc fait face à des contraintes qui pèsent sur les revenus des productrices d’attiéké et sur l’approvisionnement des ménages.
(AIP)
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