Abidjan, 28 juil 2026 (AIP)- En Côte d’Ivoire, près de 8%, représentant plus de 3,6 millions de la population générale, ont un marqueur de 12% de l’hépatite B, la première cause de cancer/cirrhose du foie, tandis que 4% sont porteurs chroniques de l’hépatite C, a alerté le président du Réseau ivoirien de lutte contre les hépates virales (RILHVi), Professeur Yao Bathaix Fulgence, lors d’une conférence de presse tenue le lundi 27 juillet 2026 aux Studios Lonaci à Abidjan Marcory.
Pr Yao a soutenu que cette pathologie représente « le premier problème de santé publique » du pays en raison de leur forte prévalence, de leurs conséquences souvent dramatiques, et de leurs caractères silencieux lorsqu’elles ne sont pas prises en charge à temps.
En effet, les hépatites restent fréquemment asymptomatiques pendant plusieurs années. Lorsque les premiers signes apparaissent, ils peuvent se manifester par une fatigue intense, une perte d’énergie, des nausées, des vomissements, une diminution de l’appétit ou encore un ictère, caractérisé par une coloration jaunâtre de la peau et des yeux…
Le président du RILHVi a insisté sur les modes de transmission souvent ignorés, notamment de la mère à l’enfant à la naissance, par des objets contaminés (rasoirs, aiguilles, matériel de manucure), les rapports sexuels non protégés, les scarifications, les tatouages, ainsi que les transfusions sanguines non sécurisées.
Selon l’OMS (2022), 64,7 millions de personnes sont infectées par le VHB en Afrique, avec seulement 4 % ayant accès au diagnostic.

En Côte d’Ivoire, moins de 4% de la population est dépistée, et moins de 1% des personnes infectées bénéficient d’un traitement (surtout au niveau de la vaccination des nouveau-nés), alors que l’OMS vise un taux de traitement de 65 % d’ici à 2030, dans le cadre de sa stratégie d’élimination des hépatites virales comme menace de santé publique.
Ces chiffres démontrent l’urgence d’accorder davantage d’attention à cette maladie encore insuffisamment prise en compte dans les politiques de santé publique. Pr Yao plaide ainsi pour un renforcement de la mobilisation collective lors des campagnes de sensibilisation, pour la gratuité de la vaccination (surtout pour les enfants et les jeunes), du dépistage précoce et de l’accès aux traitements afin de réduire le nombre de complications graves.
Lors de la présentation de son bilan 2024-2025, les activités du Réseau ont consistées, entre autres, à informer les populations, renforcer les capacités des personnels de santé, rapprocher l’offre de dépistage, l’accès aux données sanitaires (…), tout en mettant un accent sur le dépistage systématique des populations cibles telles que les personnels de santé, les femmes enceintes, les hommes en uniformes, les travailleurs du sexe…
« Le dépistage est la seule issue. Il est temps d’agir ensemble, avec une implication multisectorielle, incluant État, ONG, Fondations, société civile et secteur privé. La lutte contre les hépatites virales est un combat collectif», soutient l’hépatologue et enseignant-chercheur.
À l’heure où la communauté internationale célèbre la Journée mondiale contre l’hépatite, Pr Bathaix a tenu à rappeler qu’un diagnostic précoce peut sauver des vies. « Le dépistage demeure l’un des moyens les plus efficaces pour identifier les personnes infectées, les orienter rapidement vers une prise en charge adaptée et prévenir l’évolution vers la cirrhose ou le cancer du foie. Le vaccin est efficace pour au moins 30 ans dans le corps d’un sujet sain. Ne négligeons rien! », conseille-t-il.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites virales célébrée les 28 juillet.
(AIP)
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