Abidjan, 02 juin 2026 (AIP) – La politique chinoise de « zéro droit de douane », entrée en vigueur il y a un mois au profit de 53 pays africains, dont la Côte d’Ivoire, constitue une opportunité majeure pour stimuler les exportations, accélérer l’industrialisation et renforcer la création de valeur ajoutée dans l’économie ivoirienne, selon l’agroéconomiste ivoirien et spécialiste de la coopération économique Chine-Afrique, Dr Randolphe Kichiedou.
Dans une déclaration transmise à l’AIP sur le thème « Zéro droit de douane : quelles opportunités et quels défis pour les exportations ivoiriennes ? », l’expert a estimé que cette mesure ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises ivoiriennes, tout en soulignant la nécessité de transformer cet avantage commercial en un levier durable de développement économique.
Cette initiative de Pékin vise à favoriser une meilleure intégration des économies africaines au marché chinois et à contribuer à un rééquilibrage progressif des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique.
Dr Kichiedou a rappelé que la Chine demeure le premier partenaire commercial bilatéral de la Côte d’Ivoire. Les échanges entre les deux pays ont atteint environ 5,06 milliards de dollars américains en 2024, selon les statistiques douanières chinoises, illustrant le caractère stratégique de cette relation économique.
« L’entrée en vigueur de la politique de zéro droit de douane crée un environnement commercial plus favorable aux produits ivoiriens en réduisant leur coût d’accès au marché chinois, l’un des plus vastes marchés de consommation au monde avec plus de 1,4 milliard d’habitants », a-t-il expliqué.
D’après lui, cette mesure devrait renforcer la compétitivité des produits ivoiriens, accroître les recettes d’exportation, améliorer la balance commerciale et favoriser une diversification plus soutenue des débouchés extérieurs du pays.
L’expert estime également que cette ouverture du marché chinois pourrait accroître l’attractivité de la Côte d’Ivoire auprès des investisseurs étrangers, notamment dans les secteurs orientés vers l’exportation. Elle est susceptible d’encourager l’implantation d’unités de transformation agro-industrielle, le développement d’infrastructures logistiques et la création d’emplois tout au long des chaînes de valeur.
Plusieurs filières présentent, selon lui, un fort potentiel de croissance. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire pourrait notamment accroître ses exportations de beurre de cacao, de poudre de cacao, de chocolat et d’autres produits transformés à forte valeur ajoutée.
Le café figure également parmi les secteurs les plus prometteurs. « Le marché chinois du café est l’un des plus dynamiques au monde, avec une croissance annuelle estimée entre 10% et 15% », a relevé Dr Kichiedou.
Les fruits tropicaux, notamment l’ananas, la mangue et la noix de coco, pourraient également bénéficier de cette ouverture, tout comme plusieurs produits agroalimentaires et halieutiques tels que l’attiéké, les épices, le thon, les crevettes et les poissons transformés, sous réserve du respect des normes de qualité, de traçabilité et de sécurité sanitaire exigées par les autorités chinoises.
Pour l’agroéconomiste, la suppression des barrières tarifaires constitue surtout une occasion d’accélérer la transformation locale des matières premières et de renforcer la présence des produits manufacturés ivoiriens sur le marché chinois.
« La politique chinoise de zéro droit de douane représente une opportunité historique. Sa réussite dépendra toutefois de la capacité des pouvoirs publics, du secteur privé et des acteurs économiques à en faire un véritable moteur de croissance durable, d’industrialisation et de transformation structurelle de l’économie ivoirienne », a-t-il conclu.
(AIP)
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