Yamoussoukro, 27 nov 2025 (AIP) – Les sénateurs ivoiriens ont consacré, jeudi 27 novembre 2025 à Yamoussoukro, une séance d’information parlementaire à l’examen de l’état des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire en 2024, à travers la présentation du rapport annuel du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) par sa présidente, Namizata Sangaré.
Face au Sénat, Mme Sangaré a procédé à la remise officielle du rapport 2024, conformément à l’article 3 de la loi instituant le CNDH, qui prévoit la présentation annuelle de ce document au président de la République et au Parlement. Elle a profité de l’occasion pour transmettre les félicitations de l’institution au Chef de l’État à la suite de sa réélection, estimant que celle-ci ouvre « une nouvelle ère de consolidation des acquis démocratiques et de valorisation de la dignité humaine ».
La présidente du CNDH a rappelé les progrès institutionnels réalisés, notamment la candidature de l’institution à la réaccréditation au statut A de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme, signe de conformité aux standards internationaux. Elle a également relevé que depuis 2019, le CNDH a enregistré 17 614 plaintes dont 16 136 ont été traitées, ainsi que 5 875 cas de violences basées sur le genre (VBG).
Au titre des actions menées en 2025, elle a cité plusieurs enquêtes portant, entre autres, sur la gestion foncière, la situation des femmes députées, les conditions de détention, l’impact des déguerpissements, la couverture maladie universelle et la liberté d’expression.
Abordant les progrès enregistrés en 2024, Namizata Sangaré a mis en exergue l’abolition définitive de la peine de mort, l’adoption d’une loi renforçant l’accès à la justice, la lutte contre l’extrémisme violent, l’amélioration de l’indice de perception de la corruption ainsi que des mesures relatives aux libertés d’association et à l’identité.
Elle a aussi évoqué des avancées en matière de santé, d’éducation, de protection des enfants, de lutte contre le travail des enfants (avec une baisse significative dans le cacao), et de prise en charge des migrants et des personnes en situation de handicap.
Toutefois, des défis persistent, notamment l’insuffisance du cadre juridique anticorruption, les critiques liées à l’ordonnance sur la société civile, la modernisation inachevée de l’état civil, la situation des personnes détenues – dont un nombre élevé en attente de jugement – et les déficits en personnel éducatif et sanitaire. Le rapport pointe aussi les difficultés rencontrées par les victimes de déguerpissements, les limites de la prise en charge des enfants incarcérés, les insuffisances liées aux droits sexuels et reproductifs ainsi que le besoin d’un accompagnement renforcé pour les victimes de VBG.
Mme Sangaré a par ailleurs présenté les activités de promotion menées par le CNDH en 2024, notamment la formation de 713 auditeurs via l’Université des droits de l’Homme, les campagnes de sensibilisation, la Quinzaine des droits de l’Homme et les publications spécialisées. En matière de protection, 3 163 plaintes ont été enregistrées, dont 97,31% ont été traitées.
Pour les perspectives, le CNDH entend consolider le cadre législatif et réglementaire, construire un centre international des droits de l’Homme et renforcer ses ressources pour mener à bien son mandat.
(AIP)
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