Bouaké, 30 juil 2029 (AIP)- L’Institut national de formation des agents de santé (INFAS), antenne de Bouaké, a organisé, mercredi 28 juillet 2029, une journée de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG), avec un accent particulier sur les violences à caractère sexuel (VACS), en partenariat avec l’Organisation non gouvernementale (ONG) Association de soutien à l’autopromotion sanitaire urbaine (ASAPSU).
Organisée sous la forme d’une caravane, cette activité s’inscrit dans le cadre d’un projet de lutte contre les violences à caractère sexuel déployé dans les huit antennes de l’INFAS en Côte d’Ivoire. Cette tournée nationale de sensibilisation est placée sous le thème : « Les violences basées sur le genre (VBG) et leur prise en charge juridique et judiciaire en Côte d’Ivoire ».
La coordinatrice nationale du projet de lutte contre les VACS dans les antennes de l’INFAS, Nicole Touré, a expliqué que cette initiative répond à la réalité du phénomène des violences basées sur le genre au sein des établissements de formation des agents de santé.
Elle a indiqué qu’une étude réalisée conjointement par l’Université Laval, au Canada, et l’Université Alassane Ouattara (UAO), pour le compte du Programme national de lutte contre les VBG, a mis en évidence l’existence de ces violences dans les différentes antennes de l’INFAS.
Selon les résultats de cette étude, menée auprès de plus de 15 000 étudiants, 3 % des personnes interrogées ont déclaré avoir été victimes de violences à caractère sexuel sur leurs terrains de stage, contre 1 % au sein des établissements de formation. L’étude révèle également que les auteurs présumés de ces actes sont les enseignants à hauteur de 9 %, les personnels administratifs à 20 % et les étudiants eux-mêmes à 71 %.
Au cours de cette journée, le directeur du Complexe socioéducatif de Bouaké, Jean-Jacques Djoman, et la responsable de la Clinique juridique de Bouaké, Reine Kouamé, ont animé des communications en lien avec le thème retenu.
Jean-Jacques Djoman a présenté les différentes formes de violences basées sur le genre ainsi que leurs causes et leurs conséquences sur les victimes. Il a cité notamment le viol, le harcèlement, les attouchements sexuels, les violences conjugales, les propos sexistes, le déni de ressources et d’autres formes de violences portant atteinte à l’intégrité physique, psychologique, morale ou économique des victimes.

Pour sa part, Reine Kouamé a entretenu les étudiants sur les dispositions juridiques et judiciaires applicables en matière de lutte contre les violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire. Elle a rappelé que la législation ivoirienne réprime les différentes formes de VBG et prévoit des sanctions pénales à l’encontre de leurs auteurs.
Elle a invité les étudiants à signaler systématiquement les cas de violences dont ils sont victimes ou témoins afin de favoriser leur prise en charge et d’éviter les conséquences de ces actes sur leur parcours de formation et leur avenir professionnel.
Au cours des échanges avec les participants, plusieurs préoccupations relatives aux violences basées sur le genre et aux violences à caractère sexuel ont été abordées dans une séance de questions-réponses, permettant aux étudiants de mieux comprendre les mécanismes de prévention, de signalement et de prise en charge.
Reine Kouamé a également rappelé que toute personne ayant connaissance d’un cas de violence est invitée à le signaler conformément aux procédures prévues par les dispositifs mis en place.
Face à l’ampleur du phénomène, Nicole Touré a exhorté les étudiants à rompre le silence et à dénoncer les cas de violences basées sur le genre et de violences à caractère sexuel portant atteinte à leur dignité et à leur intégrité.
Elle a indiqué que des mécanismes d’alerte et de prévention ont été instaurés dans les différentes antennes de l’INFAS à travers la mise en place de comités de veille chargés de recevoir les signalements, d’orienter les victimes et de faciliter leur prise en charge.
Selon elle, ces dispositifs comprennent notamment un numéro vert (05 03 56 56), des boîtes de signalement, des adresses électroniques et d’autres canaux destinés à recueillir les dénonciations en toute confidentialité.
Nicole Touré a souligné que cette campagne constitue un engagement collectif en faveur de l’élimination des violences basées sur le genre et des violences à caractère sexuel, aussi bien dans les campus de l’INFAS que sur les lieux de stage.
Le chef de l’antenne INFAS de Bouaké, Sina Coulibaly, a exprimé sa reconnaissance au ministère de tutelle ainsi qu’à l’équipe de sensibilisation pour les actions entreprises en faveur du renforcement de la protection des étudiants et de l’amélioration de leur environnement de formation.
Cette campagne de sensibilisation est organisée dans l’ensemble des huit antennes de l’INFAS en Côte d’Ivoire dans le cadre du projet de lutte contre les violences basées sur le genre et les violences à caractère sexuel. Ce projet bénéficie de l’appui technique et financier du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), à travers son partenaire de mise en œuvre, l’ONG ASAPSU.
(AIP)
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