Facobly, 10 août 2026 (AIP)-Les acteurs de la chaîne de commercialisation du café et du cacao de Facobly ont été mobilisés, mercredi 5 août 2026, autour des dernières dispositions à prendre avant la généralisation du système national de traçabilité prévue à l’ouverture de la campagne principale 2026-2027.
Réunis à la salle de mariage de la mairie de Facobly sous la présidence du préfet du département, Yao Kouakou Antoine, producteurs, responsables de coopératives et opérateurs de la filière ont été appelés à accélérer leur intégration au dispositif à travers le recensement, l’obtention de la carte du producteur et l’adoption des nouveaux mécanismes de paiement.
La rencontre intervient à moins d’un mois de l’entrée du secteur dans une nouvelle organisation du commerce intérieur du café et du cacao. À partir du 1er septembre 2026, les transactions devront progressivement s’appuyer sur le système national de traçabilité, conçu pour suivre les produits depuis les plantations jusqu’à leur exportation.
Pour le délégué régional du conseil du café-cacao pour le Guémon et le Cavally, Soro Walétchien, l’enjeu est désormais de permettre à tous les producteurs d’être opérationnels avant cette échéance. « Nous entrons dans la phase de généralisation du système de paiement à travers le système national de traçabilité », a-t-il indiqué, rappelant que les opérations de recensement ont débuté depuis 2019 et que les cartes de producteurs sont distribuées depuis 2023.

Il a invité les producteurs qui ne disposent pas encore de leur carte à se rapprocher des services du Conseil du café-cacao. « Personne ne sera laissé pour compte, mais il est quand même temps que les retardataires puissent se dépêcher maintenant », a-t-il insisté.
Selon les responsables de la filière, le système repose sur la carte du producteur, les terminaux électroniques de paiement et les scellés de traçabilité apposés sur les sacs de café et de cacao. Il doit permettre de sécuriser les transactions, d’identifier l’origine des produits et d’assurer leur suivi tout au long de la chaîne de commercialisation.
Cette réforme prépare également l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2027, du règlement de l’Union européenne relatif à la lutte contre la déforestation. Ce texte impose que le café, le cacao et leurs dérivés soient traçables et que leur origine puisse être démontrée avant leur accès au marché européen.
La Côte d’Ivoire a engagé depuis 2019 un programme de mise en conformité de sa filière afin de préserver l’accès à ce marché, qui représente plus de 67 % des débouchés du café et du cacao ivoiriens.
Au cours des échanges, plusieurs participants ont relevé les retombées attendues du dispositif pour les producteurs. « La traçabilité sécurise d’abord le planteur et ça sécurise les données des producteurs que nous sommes », a affirmé le producteur Séhi Alain.
La responsable de coopérative Tiécoura Sabine épouse Kouamé a pour sa part estimée que la carte du producteur facilite les paiements et réduit les risques liés à la circulation d’importantes sommes en espèces.
Clôturant la séance, le préfet Yao Kouakou Antoine a présenté le système comme un outil destiné à protéger les producteurs et à renforcer la transparence des transactions au sein de la filière café-cacao.
« Loin d’être une contrainte administrative de plus, ce nouveau système est un bouclier pour protéger vos intérêts et valoriser le travail à savoir, la garantie du juste prix, sécurisation des transactions, l’accès aux services financiers », a fait remarquer l’administrateur civil.
(AIP)
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