Zuénoula, 20 juin 2026 (AIP) – Le préfet du département de Gohitafla, Kouakou Yao, a mis fin vendredi 19 juin 2026 à plusieurs mois de tensions liées à la succession du chef du village de Maminigui, en instruisant la famille Gbli, détentrice traditionnelle du trône, à désigner un nouveau chef conformément aux us et coutumes.
Cette décision a été annoncée à l’issue d’une longue séance de consultations tenue au foyer des jeunes de Maminigui, en présence du sous-préfet de Maminigui, Boué Yodé née Yégbé Kondé Martine, des chefs de canton, de tribu et de village.
Parmi les participants figuraient des représentants des quatre grandes familles concernées par le dossier, notamment les Mantran, fondateurs du village et chefs de terre, les Gbli, détenteurs de la chefferie depuis plusieurs générations, les Souin et les Biélon.
Les cadres, les jeunes, les femmes et les différentes couches sociales du village ont également pris part à cette rencontre de médiation destinée à trouver une solution définitive au conflit né après le décès le 18 août 2025, du chef Popo Bi Zaouli Emmanuel.
Dans son intervention introductive, le préfet a rappelé que sa mission consistait à rechercher une issue durable à cette crise qui perturbait depuis plusieurs mois la cohésion sociale à Maminigui. Il a indiqué avoir rencontré à plusieurs reprises les différentes parties prenantes et analysé plusieurs rapports avant d’engager cette ultime phase de concertation.
Kouakou Yao a rappelé qu’à la suite du décès du chef coutumier, il avait demandé le respect de la période traditionnelle de deuil de six mois avant toute procédure de désignation d’un successeur. Durant cette période, la gestion des affaires du village avait été confiée à un comité transitoire.
Le représentant de l’État a également insisté sur le respect du cadre légal régissant désormais la chefferie traditionnelle en Côte d’Ivoire. Selon lui, la désignation d’un chef doit s’effectuer dans le respect des traditions locales tout en se conformant aux dispositions de la loi portant statut de la chefferie traditionnelle.
Au terme des échanges, le préfet a estimé que la responsabilité de désigner le futur chef revient à la famille traditionnellement habilitée à pourvoir au trône. Il a ainsi demandé à la famille Gbli d’engager les procédures coutumières nécessaires pour proposer un nouveau chef de village.
« Cette décision ne constitue ni une victoire ni une défaite pour une partie », a-t-il souligné, invitant les populations à la considérer comme une solution de paix visant à préserver l’unité et la stabilité du village.
Le préfet a en outre rappelé que la chefferie ne doit jamais être perçue comme une source d’intérêt personnel ou financier. Selon lui, le chef est avant tout un rassembleur qui doit travailler avec les notables, les cadres, les jeunes et les femmes pour promouvoir le développement harmonieux de sa communauté.
Il a enfin exhorté toutes les familles concernées à accepter cette décision dans un esprit de responsabilité et de réconciliation afin de tourner définitivement la page du conflit et de consacrer leurs efforts au développement de Maminigui.
(AIP)
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